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États-Unis: nommée par Trump à la Cour suprême, la juge Barrett à l'épreuve du Sénat

La juge Amy Coney Barrett devant le Sénat, le 12 octobre 2020

La juge Amy Coney Barrett devant le Sénat, le 12 octobre 2020 - POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

Comme le stipule la Constitution, cette magistrate de 48 ans doit obtenir l'aval du Sénat pour entrer dans le temple du droit américain.

L'accession d'Amy Coney Barrett passera nécessairement par le Sénat. Nommée par Donald Trump le 26 septembre afin de remplacer l'icône féministe et progressiste Ruth Bader Ginsburg, décédée huit jours plus tôt des suites d'un cancer, cette juge fédérale passe à partir de ce lundi devant la chambre haute américaine.

Comme le stipule la Constitution, cette magistrate de 48 ans doit obtenir l'aval du Sénat pour entrer dans le temple du droit américain, où siègent déjà cinq juges conservateurs sur neuf. Cette audience se fait malgré l'opposition des démocrates qui ont toutefois peu de leviers pour empêcher sa confirmation avant l'élection du 3 novembre.

Les démocrates et leur candidat Joe Biden réclament d'attendre le verdict des urnes pour pourvoir ce poste à vie, extrêmement influent, mais Donald Trump veut avancer au plus vite pour satisfaire les électeurs de la droite religieuse.

"Vous aurez une bataille"

Lundi matin, le sénateur républicain Lindsey Graham, qui préside la commission judiciaire du Sénat, a clairement souligné l'enjeu pour son camp: "cela aide le président Trump", en mauvaise passe dans les sondages à trois semaines du scrutin.

"Si vous voulez vous battre au sujet d'Amy Barrett, vous aurez une bataille", a-t-il lancé sur Fox à l'adresse de ses opposants, au moment où la juge s'installait au Congrès avec sa famille.

Catholique pratiquante, mère de sept enfants, dont deux adoptés et un petit dernier atteint de la trisomie 21, la magistrate est très bien vue dans les milieux chrétiens traditionalistes dont elle partage les valeurs, à commencer par une opposition affichée à l'avortement. Elle a un jour déclaré avoir pour "cause" de servir le royaume de Dieu."

Hostilité primaire

Mais la magistrate, réputée pour ses argumentaires juridiques ciselés, assure distinguer ses convictions personnelles de son travail de juge.

Devant le Sénat, elle devrait souligner qu'elle s'efforce toujours de faire son "maximum pour arriver au résultat requis par la loi, quelles que soient (ses) préférences personnelles."

"Les tribunaux ne sont pas faits pour résoudre chaque problème ou corriger chaque tort dans notre vie publique. Les décisions de politique publique (...) doivent être prises par les branches politiques qui sont élues et rendent des comptes au peuple", devait-elle déclarer dans sa présentation, publiée par plusieurs médias.

Ses partisans estiment qu'elle est victime d'une hostilité primaire envers la religion.

"Les attaques permanentes des sénateurs démocrates et des médias contre la foi de la juge Barrett sont une honte", a affirmé le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

"Des gens de foi"

Lors de son débat face à la Démocrate Kamala Harris, le vice-président Mike Pence a évoqué le sujet. "J'espère qu'elle aura une audition honnête et qu'on ne verra pas de nouvelles attaques contre sa foi chrétienne", a-t-il dit.

Dans un pays où seul un quart de la population se déclare athée ou sans religion, cette dernière a pris soin d'éviter l'écueil.

"Joe Biden et moi sommes des gens de foi et c'est insultant de suggérer que nous pourrions écarter quelqu'un à cause de sa foi", a dit la sénatrice qui siège à la commission judiciaire chargée d'interroger Amy Barrett.

Sans attaquer la juge, Kamala Harris a répété qu'il était impossible de la confirmer, alors que "quatre millions d'Américains ont déjà voté" par anticipation. Sans s'étendre sur le droit à l'avortement qui divise les Américains, elle a insisté sur le fait qu'une Cour suprême remaniée risquait d'abord d'annuler la loi emblématique du président Barack Obama, dite ACA ou Obamacare, qui a étendu l'assurance santé de millions de personnes.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV