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États-Unis: Donald Trump s'apprête à prononcer son premier discours en tant qu'ex-président

Donald Trump lors de la conférence CPAC à National Harbor, près de Washington, le 29 février 2020

Donald Trump lors de la conférence CPAC à National Harbor, près de Washington, le 29 février 2020 - SAUL LOEB © 2019 AFP

A peine deux mois après son départ de la Maison Blanche, Donald Trump doit faire son retour ce dimanche soir. Il doit prononcer un discours devant ses partisans à l'occasion de la Conservative Political Action Conference (PAC).

Jusqu'alors, les présidents américains qui quittaient la Maison Blanche avaient l'habitude de faire profil bas et de laisser leur successeur s'installer pendant quelques mois dans leurs fonctions. Donald Trump ne l'entend pas de cette oreille. A peine deux mois après son départ de Washington, il doit prendre la parole ce dimanche soir à l'occasion de la clôture de la conférence conservatrice CPAC qui a lieu à Orlando, en Floride.

>> Son discours sera retransmis en direct sur BFMTV à partir de 21h30.

Pour ce premier discours depuis le 20 janvier, l'ancien président devrait parler de "l'avenir du parti républicain et du mouvement conservateur", selon son entourage. Il devrait aussi critiquer amèrement les premières semaines de Joe Biden à la Maison Blanche, évoquant notamment des questions d'immigration et la fermeture des écoles, selon The New York Times.

Préparer les prochaines élections?

Mais chez ses alliés et ses opposants, la même question résonne: le milliardaire de 74 ans prévoit-il aussi, et surtout, d'annoncer qu'il se présentera à nouveau en 2024? Sans doute pas directement, ont indiqué les organisateurs, mais le tribun devrait bien flirter ouvertement avec cette idée.

"C’est un showman, bien sûr que dimanche il sera question de son retour en politique, mais je pense qu’il va plutôt choisir de se faire désirer pour 2024, laisser planer le doute. En attendant, il sera très clair sur son intention d’influencer l’échéance de 2022 qui lui servira de tremplin", explique au HuffPost Françoise Coste, professeure d’études américaines à l’université Toulouse-Jean Jaurès.

Une popularité toujours immense

Privé de son compte Twitter, Donald Trump est resté plutôt discret depuis son départ du bureau ovale. Pourtant, sa popularité reste immense dans son parti.

"Il y a beaucoup de gens à Washington qui voudraient juste effacer les quatre dernières années" de son mandat, a lancé le sénateur Ted Cruz lors d'un discours enflammé vendredi. "Et bien laissez-moi vous dire quelque chose: 'Donald J. Trump ne va pas disparaître!'."

Le sénateur parlait sans masque sur scène, devant un public où peu en portaient. Au point que les organisateurs ont lancé un rappel à l'ordre. "Liberté", ont rétorqué des participants, entre des huées.

"Nous ne retournerons pas en arrière vers les années d'échec de l'establishment républicain", a affirmé le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis.

En route pour les Midterms de 2022

Ainsi s'il ne se présentera pas lui-même aux Midterms qui auront lieu dans moins de deux ans, Trump essaiera sans nul doute de placer ses pions pour maintenir son influence. De toute façon, ses alliés martèlent depuis son départ de la Maison Blanche: si les républicains suivent, unis, la voie de Donald Trump, ils auront une chance de reprendre le Congrès en 2022. Mais "si nous nous disputons, nous perdrons", a mis en garde le sénateur Lindsey Graham.

Depuis plusieurs semaines, l'ancien président multiplie ainsi les rendez-vous avec les grands pontes du parti républicain pour tenter de faire une place à ses prodiges et évincer ses rivaux, relaie Axios.

Des divisions

Les divisions sont pourtant bien là, et s'exposent parfois spectaculairement. Donald Trump doit-il parler à CPAC? "Oui", avait répondu mercredi aux journalistes le dirigeant de la minorité républicaine Kevin McCarthy, sans hésiter. Derrière lui, Liz Cheney, porte-voix des républicains anti-Trump depuis son vote en faveur de la mise en accusation du milliardaire, a lâché: "Je ne pense pas qu'il devrait jouer un rôle dans l'avenir de notre parti, ou du pays."

Dix républicains, sur 211 siégeant à la Chambre, ont voté avec les démocrates l"impeachment" de Donald Trump, accusé d'avoir encouragé ses partisans à prendre d'assaut le Capitole le 6 janvier. L'ex-président a finalement été acquitté lors de son procès au Sénat, mi-février.

Plusieurs de ses détracteurs sont ainsi absents de la CPAC à l'image de Mitt Romney ou du chef des Républicains au Sénat, Mitch McConnell, qui a déclaré le milliardaire "responsable" de l'attaque du Congrès.

Cyrielle Cabot avec AFP