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Espagne : la famille de Franco a 15 jours pour lui trouver une nouvelle sépulture

La tombe de Franco

La tombe de Franco - OSCAR DEL POZO / AFP

Passé ce délai, le gouvernement choisira lui-même le lieu de sépulture.

L'imbroglio autour de la sépulture de Franco va-t-il enfin prendre fin? Ce vendredi, le gouvernement espagnol a donné vendredi quinze jours aux descendants de l'ancien dictateur pour lui trouver un nouveau lieu de sépulture.

"Un délai de 15 jours a été accordé à la famille pour qu'elle décide où elle veut inhumer les restes du dictateur", a déclaré la ministre socialiste de la Justice Dolores Delgado.

Depuis maintenant plusieurs mois, le gouvernement socialiste, qui vit ses derniers instants de nouvelles élections ayant été convoquées le 28 avril prochain, a fait de l'exhumation de Franco de son monumental mausolée du Valle de los Caidos, à une cinquantaine de kilomètres de Madrid, l'un de ses chevaux de bataille.

Si les descendants de Franco, qui dirigea l'Espagne de 1939 à sa mort en 1975, ne se mettent pas d'accord ou gardent le silence, le gouvernement choisira lui-même le lieu de sépulture, a encore précisé la ministre.

Transféré vers la plus grande cathédrale de Madrid? 

Cependant, ces dernières semaines, le processus avait été retardé en raison notamment de l'opposition farouche des descendants du "Généralissime", vainqueur de la sanglante guerre civile de 1936-1939.

La famille de Franco a fait savoir ces derniers mois qu'elle souhaitait transférer sa dépouille dans la cathédrale de l'Almudena, en plein coeur de la capitale espagnole, où repose déjà la fille du dictateur dans un caveau privé.

Mais le gouvernement veut qu'il soit enterré dans un lieu plus discret et est totalement opposé à une inhumation à l'Almudena, de crainte que cette cathédrale ne se transforme en lieu de pèlerinage des nostalgiques de la dictature et de troubles à l'ordre public. 

Il a d'ailleurs expressément interdit que l'Almudena soit le lieu de sépulture dans sa décision de vendredi.

"Accumulation d'irrégularités" et "décisions arbitraires"

La Fondation nationale Francisco Franco, qui défend la mémoire et la politique du "caudillo", a annoncé vendredi soir qu'elle ferait appel de la décision du gouvernement devant la Cour suprême, qui pourrait suspendre l'exhumation.

Elle a justifié sa position par "l'accumulation d'illégalités et de décisions arbitraires" du gouvernement socialiste, qui selon elle a des "objectifs électoralistes et n'est pas mu par l'intérêt général et le bien commun des Espagnols".

Hugo Septier avec AFP