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Emprisonnée par erreur avec 40 hommes, elle réclame 750.000 dollars

Fior Pichardo, une avocate dominicaine, a été soupçonnée à tort d'être un homme.

Fior Pichardo, une avocate dominicaine, a été soupçonnée à tort d'être un homme. - Capture

Soupçonnée d'avoir pris part à un trafic de drogue, une avocate dominicaine a été forcée de vivre un véritable calvaire: le personnel de la prison a considéré à tort qu'elle était un homme.

Une Dominicaine de 54 ans a été incarcérée en 2013 pour avoir été impliquée dans un trafic de drogue. Elle a porté plainte, ce mercredi, contre les autorités pénitentiaires de la prison de Miami. La raison: cette avocate et mère de trois enfants a été placée en cellule avec pas moins de 40 hommes.

Au moment de sa détention, un examen médical avait déterminé qu'elle présentait des "caractéristiques masculines non-traditionnelles". Les infirmiers du comté de Miami-Dade ont estimé qu'elle disposait d'organes reproducteurs masculins. "Cette identification était outrageusement incorrecte", s'indignent ses avocats. ''Pichardo est assez féminine et n'a pas de caractéristiques que qui que ce soit puisse confondre avec celles d'un homme."

Une détention qui a laissé de graves séquelles psychologiques

Sa détention aux côtés de détenus masculins, qui a duré plusieurs heures, a été particulièrement éprouvante. Fior Pichardo affirme avoir été la cible de harcèlement moral et sexuel et d'avoir essuyé des menaces répétées de viol. Ce qui aurait dû être un soulagement l'a encore plus traumatisée: sa demande de transfert dans une cellule privée a été finalement acceptée mais les gardiens de la prison, à son arrivée, lui ont ordonné de se déshabiller pour la photographier, tout en lui lançant des regards lubriques.

La plaignante, dont les charges ont été abandonnées quelques mois plus tard, a pu rentrer chez elle en République dominicaine. Pour autant, elle indique souffrir d'une peur constante d'être agressée, violée et d'une détresse émotionnelle. Lorsque les faits ont été dévoilés dans la presse, elle a été victime de moqueries et d'humiliation publique dans le cadre de sa fonction d'avocate. A titre de réparation, elle réclame 750.000 dollars de dommages et intérêts.

M. J. avec AFP