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Dixième jour de bombardements sur Homs, indignation à l'Onu

Dans le quartier Bab Amro, à Homs. Les forces de Bachar al Assad ont repris mardi pour une 10e journée consécutive leurs bombardements sur la ville syrienne de Homs, où agissent également des tireurs embusqués. /Photo prise le 13 février 2012/REUTERS

Dans le quartier Bab Amro, à Homs. Les forces de Bachar al Assad ont repris mardi pour une 10e journée consécutive leurs bombardements sur la ville syrienne de Homs, où agissent également des tireurs embusqués. /Photo prise le 13 février 2012/REUTERS - -

par Khaled Yacoub Oweis AMMAN (Reuters) - Les forces de Bachar al Assad ont repris mardi pour une 10e journée consécutive leurs bombardements sur la...

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Les forces de Bachar al Assad ont repris mardi pour une 10e journée consécutive leurs bombardements sur la ville syrienne de Homs, où agissent également des tireurs embusqués, ont rapporté des opposants sur place.

Selon l'un d'eux, Mohamed al Homsi, la situation ne cesse d'empirer.

"L'armée installe toujours plus de barrages autour des quartiers de l'opposition, les bombardements sont désormais méthodiques. Ils sont intenses le matin, puis il y a une accalmie l'après-midi et cela reprend le soir", a-t-il dit.

Un autre habitant de Homs interrogé au téléphone, Hussein Nader, a déclaré: "Les obus tombent n'importe où. Dans les immeubles résidentiels (du quartier de Bab Amro), quasiment tout le monde s'est installé au rez-de-chaussée. Il n'est pas anormal de trouver six familles vivant ensemble dans les étages inférieurs."

Des bombardements ont aussi été signalés mardi à Rastan.

Il est difficile de vérifier de manière indépendante la situation sur le terrain en raison des restrictions imposées au travail des journalistes.

D'après les opposants, l'intensité du pilonnage de la ville de Homs a alimenté la colère de la population en Syrie et contribué à l'organisation de davantage de manifestations contre le régime.

Le début de la campagne de bombardements sur Homs, théâtre de nombreuses manifestations hostiles à Bachar al Assad depuis mars 2011, coïncide avec le veto opposé le 4 février au Conseil de sécurité des Nations unies par la Russie et la Chine à un projet de résolution soutenant les plans de la Ligue arabe. Cette dernière a proposé la mise à l'écart de Bachar al Assad pour mettre fin à la crise en Syrie.

NAVI PILLAY "BOULEVERSÉE"

Devant l'Assemblée générale de l'Onu, Navi Pillay, Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, a déclaré lundi que cette impasse au Conseil de sécurité avait incité le régime syrien à déclencher "un assaut d'une force impitoyable" à Homs.

"Je suis bouleversée de voir que la poursuite de la répression impitoyable ainsi que l'incitation délibérée des tensions pourraient bientôt plonger la Syrie dans une guerre civile. Aussi longtemps que la communauté internationale échouera à prendre des mesures, les populations civiles souffriront des innombrables atrocités commises à leur encontre", a-t-elle dit.

Président de l'Assemblée générale de l'Onu, le Qatari Nassir Abdoulaziz al Nasser a pour sa part déclaré à Al Djazira: "La situation sur le terrain est insupportable. "Il y a un projet de résolution arabe, qui, je pense, sera distribué aux pays membres aujourd'hui ou demain et fera l'objet d'un vote cette semaine."

Contrairement au Conseil de sécurité, une résolution de l'Assemblée générale ne peut pas être contrée par un veto mais elle n'a pas de valeur contraignante.

La Ligue arabe, au sein de laquelle le Qatar joue un rôle moteur au sujet de la Syrie, a proposé à l'Onu le déploiement d'une mission conjointe. Cette idée n'a pour l'instant pas recueilli un large soutien, y compris auprès des pays occidentaux.

La Russie réclame pour sa part un cessez-le-feu préalable.

Au cours d'un entretien téléphonique lundi, le président américain Barack Obama et le Premier ministre britannique David Cameron se sont entendus sur la nécessité d'une "unité internationale" et ont évoqué "des initiatives supplémentaires à l'Onu et une coalition large et forte au sein du nouveau groupe des Amis de la Syrie", a dit un porte-parole du 10, Downing Street.

Ce groupe des Amis de la Syrie doit se réunir pour la première fois le 24 février en Tunisie.

Les deux dirigeants ont aussi "évoqué la possibilité d'un renforcement de la pression sur le régime Assad par le biais de sanctions supplémentaires", a ajouté un porte-parole de David Cameron.

Avec Louis Charbonneau aux Nations unies, Bertrand Boucey pour le service français