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Crise : les Grecs y perdent la santé

« Ce sont principalement les consommateurs de drogue par voies intraveineuses qui sont touchés », explique l’association "Aides".

« Ce sont principalement les consommateurs de drogue par voies intraveineuses qui sont touchés », explique l’association "Aides". - -

Avec la crise, les Grecs n’ont pas seulement perdu leur emploi ou une partie de leur salaire, ils ont aussi perdu la santé. Le nombre de cas de Sida a augmenté de 54% en un an et une nouvelle drogue bon marché, la Sisa, fait des ravages dans la population.

En période de crise, la santé n’est plus une priorité. Obligé de faire des économies drastiques, le gouvernement Grec a dû tailler dans le budget de la Santé. Les crédits alloués aux hôpitaux ont fondu de 40%, et un tiers des programmes sociaux ont été supprimés. Les conséquences sont dramatiques pour la population, avec une explosion de la consommation de drogue (+20% pour l’héroïne) et du nombre de cas de Sida (+54%).

« Une catastrophe sanitaire d’une ampleur jamais vue »

« C’est une catastrophe sanitaire d’une ampleur jamais vue », explique sur RMC Christian Andreo, directeur des actions nationales de l'association "Aides" en France : « Ce sont principalement les consommateurs de drogue par voies intraveineuses qui sont touchés. Mais on constate aussi un recours accru à la prostitution clandestine et une hausse des rapports sexuels non protégés. (…) On voit l'impact de la crise. Il y a moins d'interventions auprès des publics en difficulté, moins de programmes d’échanges de seringue et de prévention ».

Une nouvelle drogue faite de détergent et de liquide de batterie

Une nouvelle drogue, bon marché et particulièrement toxique a également fait son apparition : la Sisa [NDLR, se prononce "chicha"], mélange de détergent et de liquide de batterie, qui ne coûte que 3 euros et serait 15 fois plus dangereuse que l’héroïne. Très facile à fabriquer, elle se fume à la pipe sous forme de cailloux blancs et provoque des crises obsessionnelles et des pulsions extrêmes de violence. Les consommateurs sont surtout de jeunes migrants afghans âgés de 15 à 17 ans qui ne peuvent plus être pris en charge par les autorités sanitaires puisqu’un tiers des centres de désintoxication ont fermé leurs portes en Grèce.

La Rédaction avec Cécile Bourgneuf