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Covid-19, impôts, fraude électorale... Les temps forts du premier débat entre Donald Trump et Joe Biden

Au milieu d'un torrent d'invectives et d'insultes, certains thèmes-clés ont été abordés par les deux candidats à la fonction suprême, qui ont affiché leurs divergences et leur inimitié.

Particulièrement chaotique et violent, le premier débat télévisé qui opposait le républicain Donald Trump à son adversaire démocrate Joe Biden à quelques semaines de l’élection présidentielle américaine s’est, à de trop rares reprises, aventuré sur le fond de plusieurs thèmes brûlants.

"Tout le monde sait que c'est un menteur"

Sur la question de la crise sanitaire actuelle, à laquelle les États-Unis paient un lourd tribut avec à date plus de 200.000 morts directement liées au coronavirus, Joe Biden a immédiatement attaqué l’inaction de Donald Trump face au Covid-19. "Le président n’a aucune stratégie, aucune proposition. Il savait la virulence du virus, il n’a pas averti les Américains pour ne pas qu’ils paniquent", explique-t-il.

"Dès mars, j’ai dit ce que nous devions faire. Nous devons fournir les équipements personnels, que les Américains puissent retourner à l’école, que les entreprises reprennent. Vous devriez quitter votre parcours de golf et sauver des vies", a également taclé l’ancien vice-président de Barack Obama.

Très vite toutefois, le thème sanitaire a viré au pugilat entre les deux hommes. Au cœur des tensions, l’Obamacare, mis en place lorsque Joe Biden était au pouvoir durant la présidence de Barack Obama, et qui, selon Trump, "ne marche pas".

"Tout le monde sait que c'est un menteur. Il ne souhaite pas venir en aide à ceux qui ont besoin d’une couverture sociale en raison de la récession économique qu’il a provoqué", a repris Joe Biden.

"Millions de dollars d’impôts"

Autre thème brûlant, les impôts payés par Donald Trump. Selon une récente enquête publiée par le New York Times, ce dernier n’aurait payé que 750 dollars de taxes ces dernières années, une hypothèse vivement contredite par le principal intéressé.

"J’ai payé des millions de dollars d’impôts, vous pourrez bientôt les voir", a-t-il affirmé, soulignant que s’il avait bénéficié de niches fiscales, ces dernières avaient été mises en place par ses prédécesseurs. "C’est l’administration Obama qui m’a donné des avantages fiscaux", a-t-il expliqué, tout en ironie.

A ce moment du débat, l’inimitié entre les deux hommes était facilement perceptible. A plusieurs reprises, Donald Trump a coupé la parole à son adversaire Joe Biden, dans l’espoir de lui faire perdre le fil de sa réflexion. Un objectif partiellement atteint puisque brièvement, le démocrate est sorti de ses gonds et a lancé un "Will you shut up, man?", "Tu vas la fermer, mec?", à l’actuel locataire de la Maison Blanche.

Les discussions ont ainsi été régulièrement ponctuées d’invectives, voire d’insultes. Ainsi, Joe Biden a, entre autres, qualifié son interlocuteur de "clown" et de "raciste" tandis que Trump s’en est pris à la famille du candidat démocrate, rappelant le passé de toxicomane de son fils.

Fraude électorale

Depuis maintenant plusieurs semaines, Donald Trump remet en cause le système de vote par correspondance, qui sera pourtant utilisé par plusieurs millions d’Américains en raison de la situation sanitaire actuelle. Ainsi, lors du débat, la question de la probité du scrutin a de nouveau été abordée et l’édile actuel a de nouveau laissé planer le doute, estimant que les résultats du vote pourraient ne pas être connus "avant des mois."

"Il y aura des fraudes comme nous n'en avons jamais vu", a-t-il ajouté.

De son côté, Joe Biden s’est engagé à reconnaître le résultat de l'élection du 3 novembre. "J'accepterai" les résultats, a assuré l'ancien vice-président qui défie le milliardaire républicain. "Si ce n'est pas moi, je reconnaîtrai le résultat", a-t-il ajouté en clôture de débat, tout en promettant d'être, en cas de victoire, "un président pour les démocrates et les républicains."

"Proud Boys, tenez-vous prêts"

Au milieu de ce torrent chaotique, une phrase a marqué les esprits. Interrogé sur son refus de condamner le suprématisme blanc et les groupuscules d'extrême-droite, comme les Proud Boys, le président a répondu par une formule ambiguë.

"Proud Boys, reculez et tenez-vous prêts", a-t-il lancé.

Sur les réseaux sociaux, cette petite phrase a provoqué une vague d'inquiétude. Car plus qu'une condamnation, les mots du président ont été perçus comme un appel aux milices les plus radicales.

"Je rêve ou il vient de demander aux suprématistes blancs de se 'tenir prêts'?", a tweeta l'acteur Kumail Nanjiani.
"'Reculez et tenez-vous prêts'. La citation de la nuit. C'est ce que Donald Trump a à dire à la plus grande menace terroriste domestique de notre époque: les suprématistes blancs. 'Reculez et tenez-vous prêts'"
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV