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Coup d'Etat au Mali par des militaires mutins

Les militaires mutinés au Mali sont apparus jeudi à la télévision publique pour annoncer qu'Amadou Toumani Touré n'était plus chef de l'Etat, que les institutions étaient dissoutes et que la Constitution était suspendue. /Photo d'archives/REUTERS/Toussain

Les militaires mutinés au Mali sont apparus jeudi à la télévision publique pour annoncer qu'Amadou Toumani Touré n'était plus chef de l'Etat, que les institutions étaient dissoutes et que la Constitution était suspendue. /Photo d'archives/REUTERS/Toussain - -

Des militaires mutins du Mali ont affirmé ce jeudi matin avoir mis «fin au régime incompétent» en place à Bamako et annoncé avoir dissous «toutes les institutions» et suspendu «la constitution», dans une allocution à la radio-télévision nationale.

BAMAKO (Reuters) - Les militaires mutinés au Mali sont apparus jeudi à la télévision publique pour annoncer qu'Amadou Toumani Touré n'était plus chef de l'Etat, que les institutions étaient dissoutes et que la Constitution était suspendue.

Ils disent vouloir remettre le pouvoir à un nouveau gouvernement démocratiquement élu.

Leur porte-parole, Amadou Konaré, a déclaré qu'un comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDR) "a décidé de prendre ses responsabilités en mettant fin au régime incompétent et désavoué de M. Amadou Toumani Touré", accusé d'impuissance face à la rébellion touarègue dans le nord du Mali.

Un couvre-feu a été décrété jusqu'à nouvel ordre.

Le capitaine Amadou Sanogo, présenté comme le président de ce CNRDR, est ensuite intervenu pour lancer un appel au calme et condamner tout pillage.

Ces soldats mutins mécontents de l'attitude du pouvoir face à la progression de la rébellion touarègue ont lancé mercredi une attaque contre le palais présidentiel à Bamako.

Un responsable du ministère de la Défense ayant requis l'anonymat a déclaré avant l'intervention télévisée des rebelles qu'Amadou Toumani Touré se trouvait en lieu sûr, sans préciser lequel. Ce dernier, président depuis 2002, avait prévu de se retirer après l'élection présidentielle dont le premier tour devait avoir lieu fin avril.

La colère n'a cessé d'enfler récemment au sein de l'armée contre le manque de moyens mis à sa disposition pour lutter contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

Les rebelles touaregs du MNLA, qui revendiquent trois régions septentrionales pour créer une enclave dans le nord du pays, ont engrangé les succès sur le terrain ces dernières semaines, en partie grâce au renfort de combattants de retour de la guerre civile en Libye. Ces combats ont fait des dizaines de morts et 200.000 déplacés.

David Lewis, Bertrand Boucey pour le service français

La rédaction avec Reuters