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Coronavirus: la Suède reconnaît s'être trompée sur le non-confinement de sa population

La Suède fait partie des rares pays à ne pas avoir confiné sa population

La Suède fait partie des rares pays à ne pas avoir confiné sa population - Fredrik SANDBERG / TT News Agency / AFP

Les autorités sanitaires du pays soulignent plusieurs erreurs, en particulier en ce qui concerne la fermeture des écoles et commerces.

La Suède a fait bande à part, ces dernières semaines. Alors que l'Europe et le reste du monde se confinaient afin de lutter contre l'épidémie de Covid-19, le pays scandinave avait fait un choix diamétralement opposé, laissant libre cours à la vie quotidienne en ne fermant ni les écoles, ni les restaurants, ni les commerces.

Selon les derniers chiffres en date, un habitant de Stockholm sur cinq aurait développé des anticorps contre le coronavirus, et le pays dénombre 4468 morts liés à la maladie. 

"Potentiel d'amélioration"

Des statistiques impressionnantes pour un pays d'un peu plus de 10 millions d'habitants. En comparaison, ses voisins, le Danemark et la Norvège, ont confiné leurs population et ont recensé 580 et 237 morts, comme le souligne le Financial Times.

C'est d'ailleurs là où le bât-blesse, et les autorités suédoises semblent peu à peu en prendre conscience. Auprès du média Sveriges Radio, Anders Tegnell, épidémiologiste qui a œuvré à ce confinement "light", reconnait avoir commis une erreur. 

"Il y a de toute évidence un potentiel d'amélioration dans ce que nous avons fait en Suède. Il serait bon de savoir exactement quoi fermer pour mieux prévenir la propagation du virus", a-t-il admis dans un premier temps. 

Pour autant, ce dernier ne souhaite pas entièrement balayer d'un revers de manche le protocole mis en place par la Suède.

"Si nous rencontrions la même maladie, avec exactement ce que nous en savons aujourd'hui, je pense que nous arriverions à mi-chemin entre ce que la Suède a fait et ce que le reste du monde a fait", a-t-il justifié. 

L'opinion publique critique 

Du côté de l'opinion publique suédoise, ce revirement a été très fraîchement accueilli. Depuis l'apparition du virus, Anders Tegnell avait été très virulent sur la question du confinement, n'hésitant pas à critiquer les pays européens qui l'avaient mis en place. 

"Chaque semaine qui passe, le débat public se développe sur les mesures qui ont été prises ou non", explique par exemple Hans Wallmark, un député d'opposition de centre-droit.

Au fil des jours, les autorités sanitaires ont été progressivement pointées du doigt pour trois raisons, qui attisent peu à peu les tensions: le nombre de morts dans les maisons de repos, l'incapacité du gouvernement à fournir des tests pour l'ensemble de la population, ainsi que la fermeture des frontières pour les ressortissants suédois. 

"Toutes ces choses mènent à une discussion plus critique entre les Suédois", conclut Hans Wallmark. 
Hugo Septier