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Coronavirus: la Chine complique les évacuations d'étrangers

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La France, l'Allemagne, l'Australie, l'Inde et le Royaume-Uni connaissent plusieurs difficultés à organiser des rapatriements, souvent ralentis par le gouvernement chinois, selon plusieurs médias.

Alors que plusieurs pays organisent des rapatriements depuis la Chine en prévention du coronavirus, qui a fait à ce jour 170 morts dans le pays, certains avions n'auraient pas pu atterrir ou décoller à Wuhan, épicentre de l'épidémie, selon plusieurs médias. 

"Il y a une obstruction chinoise", déplore un diplomate d’un pays européen, selon Le Figaro.

En effet, ce lundi, lors d'une réunion à Pékin, les diplomates chinois auraient signalé aux ambassadeurs étrangers leur désaccord concernant les rapatriements. Alors que le Japon et les Etats-Unis ont déjà rapatrié plusieurs centaines de leurs ressortissants, la France comme l'Allemagne font face à des difficultés.

Rapatriements reportés en France et en Allemagne

Selon le Figaro, la Chine tenterait de ralentir le processus en bloquant notamment les autorisations d'atterrir à Wuhan. Un avion militaire allemand, qui devait s'envoler pour la Chine ce mercredi ne décollera que samedi. Même ralentissement en France, où un rapatriement pour "le milieu de semaine" devait avoir lieu avant d'être finalement reporté à "vendredi dans la journée", selon Agnès Buzyn.

Des autorisations d'atterrir également difficiles à obtenir pour New Dehli, où l'ambassadeur chinois a déconseillé à l'Inde tout rapatriement, annonce The Economic Times.

"L'OMS ne recommande pas l'évacuation des ressortissants ..et a appelé la communauté internationale à rester calme et à ne pas réagir de manière excessive", a tweeté l'ambassadeur Sun Weidong, citant le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Des négociations difficiles pour l'Australie également, où le gouvernement a affirmé que, sans présence consulaire du pays à Wuhan, les autorisations de rapatriement avaient été bloquées, affirme le Guardian. 

"Des bâtons dans les roues"

"Les Chinois mettent des bâtons dans les roues", selon un diplomate interrogé par Le Figaro.

Outre les autorisations d'atterrir ou de décoller, Pékin aurait complexifié les démarches administratives pour quitter le pays, notamment pour les conjoints chinois des ressortissants étrangers.

Des familles séparées

Jeff Siddle, un Britannique, a ainsi appris que sa fille et lui avaient été autorisés à rentrer, mais pas sa femme chinoise qui bénéficie pourtant d'un visa permanent de résidence au Royaume-Uni.

"Ma femme est bouleversée", "les autorités chinoises n'autorisent aucun résident chinois à partir", a-t-il déploré, interrogé par la BBC.

Une autre citoyenne britannique qui devrait être rapatriée a affirmé que les autorités lui avaient demandé de laisser son fils de trois ans en Chine car il possédait un passeport chinois. Des salariés chinois d'entreprises étrangères tenteraient également d'intégrer les processus de rapatriement, selon des Français sur place, interrogés par Le Figaro. Des familles qui pourraient donc être séparées. Le ministère des affaires étrangères britannique a ainsi affirmé que sa priorité était de garder les familles unies. 

"Nous restons en contact étroit avec les autorités chinoises et des conversations sont en cours à tous les niveaux", a déclaré une porte-parole du ministère des affaires étrangères, qui a affirmé qu'un certain nombre de vols n'avaient pas pu décoller comme prévu.
Alexandra Jaegy