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Comment le Parti républicain pourrait évincer Donald Trump

Donald Trump, le 29 juillet 2016.

Donald Trump, le 29 juillet 2016. - Joe Mahoney - Getty Images North America - AFP

Donald Trump est de plus en plus souvent contesté au sein du Parti républicain, dont il est le candidat désigné dans la course à la Maison Blanche. Bien que faibles, les chances de le voir abandonner ou être écarté par sa formation sont désormais évoquées par la presse. Car d'un point de vue strictement réglementaire, il existe une possibilité.

Force est de constater que la campagne du candidat républicain à la Maison blanche Donald Trump bat de l’aile. Pour une part, ses difficultés sont de son fait. De son discours appelant, à demi-mots, les partisans du port d’armes à s’en prendre à sa rivale démocrate Hillary Clinton au feuilleton l’opposant à la famille d’un soldat américain musulman mort en Irak, le magnat de l’immobilier américain a multiplié les erreurs. Ces fautes l’ont conduit à dégringoler dans les sondages, y compris dans son propre camp.

Mais d’autres facteurs de déstabilisation tiennent plus directement aux contestations au sein de l’appareil républicain. Ces derniers jours, d’anciens responsables républicains à la sécurité nationale se sont par exemple alarmés de la "dangerosité" de Donald Trump dans une lettre ouverte. Avant que 70 membres éminents du "Grand Old Party" ne demandent à leur président de cesser de financer la campagne de Donald Trump. Par ailleurs, Gary Johnson, candidat libertarien, et Evan McMullin, candidat républicain dissident, menacent de rogner une partie de son électorat. 

Du coup, une interrogation s’impose à la une des médias américains: est-il possible de remplacer Donald Trump, pourtant désigné par les militants et investi cet été lors de la convention républicaine dans l’Ohio?

Un abandon, deux solutions

Pour cet éditorialiste du Wall Street Journal, la chose est simple. Si début septembre, Donald Trump n’a pas réussi à se glisser dans les atours d’un présidentiable, il devrait "renoncer à la nomination en faveur de Mike Pence", son colistier. Mais plusieurs procédures complexes seraient alors nécessaires, ce qui rend cette éventualité peu crédible. 

Autre possibilité: le fait que le milliardaire renonce de lui-même à sa position, éreinté par les critiques et effrayé d’une déroute face à Hillary Clinton. Un tel cas, qui serait sans précédent, entraînerait la mise en vigueur des procédures de la règle 9 du règlement interne du Parti républicain.

Selon ce texte, pour pallier une pareille "vacance" de candidat, la formation de la droite américaine aurait deux solutions: soit convoquer une nouvelle convention pour trouver une nouvelle tête d’affiche, soit en désigner une grâce aux votes du Comité national.

Un remplacement tardif problématique mais pas impossible

Ces perspectives mettent en lumière l’importance d’un processus rapide. Si Donald Trump décidait de jeter l’éponge mais ne faisait ce choix que tardivement (par exemple après le mois de septembre), il se pourrait même que le Congrès doive repousser la tenue de l’élection.

Un retournement de situation de cette ampleur intervenant trop près du scrutin risque même d’amener une autre difficulté: les bureaux de vote pourraient ne pas avoir le temps de se procurer les bulletins comportant le nom du nouveau candidat. Ce problème, cependant, n’est pas insoluble: les bulletins au nom de Trump pourraient être maintenus et comptabilisés pour le compte de son remplaçant, avec l'accord des juristes responsables de la légalité du vote.

L’élection au Congrès à New York en 1992 fait figure de jurisprudence en la matière: Jerrold Nadler avait alors dû remplacer au pied levé le candidat démocrate Ted Weiss, décédé peu avant le suffrage. Il avait été élu grâce aux bulletins imprimés avec l’état-civil de feu son prédécesseur.

Profiter du flou du réglement

Selon le Daily Beast, les Républicains ne sont cependant pas obligés d’attendre un hypothétique abandon de Donald Trump pour lui trouver un remplaçant. En se reportant à la fameuse règle 9, on lit en effet ceci: "Le Comité national républicain est autorisé et investi de la capacité de pallier toute vacance consécutive au décès, abandon ou autre du candidat républicain" etc. Ce "ou autre" laisse libre cours à l’imagination et semble ménager au Parti républicain la possibilité d’écarter Donald Trump selon son bon plaisir sous un prétexte quelconque et ce, malgré sa désignation par les militants.

Si Donald Trump venait, après abandon ou décision de sa formation, à sortir de la course à la Présidentielle, son colistier Mike Pence n’est pas nécessairement son remplaçant tout désigné, toujours selon le Daily Beast.L’ancien candidat à la candidature républicaine Ted Cruz, et Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, seraient au moins aussi bien placés que lui.

Robin Verner