BFMTV

Capitulation des "chemises rouges", nouvelles émeutes

L'armée thaïlandaise est parvenue mercredi à prendre le contrôle du campement fortifié des "chemises rouges" à Bangkok, forçant les responsables de la contestation à se rendre, mais la capitale et le nord-est du pays restent le théâtre d'émeutes. /Photo p

L'armée thaïlandaise est parvenue mercredi à prendre le contrôle du campement fortifié des "chemises rouges" à Bangkok, forçant les responsables de la contestation à se rendre, mais la capitale et le nord-est du pays restent le théâtre d'émeutes. /Photo p - -

par Adrees Latiff et Damir Sagolj BANGKOK - L'armée thaïlandaise est parvenue mercredi à prendre le contrôle du campement fortifié des "chemises...

par Adrees Latiff et Damir Sagolj

BANGKOK (Reuters) - L'armée thaïlandaise est parvenue mercredi à prendre le contrôle du campement fortifié des "chemises rouges" à Bangkok, forçant les responsables de la contestation à se rendre, mais la capitale et le nord-est du pays restent le théâtre d'émeutes.

Le Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva a décrété le couvre-feu dans la capitale à partir de 20h00 locales (13h00 GMT) et jusqu'à six heures du matin jeudi (23h00 GMT mercredi).

Les autorités thaïlandaises ont par ailleurs donné l'ordre aux chaînes de télévision de diffuser uniquement des programmes approuvés par le gouvernement.

A Bangkok, les manifestants ont mis le feu à cinq bâtiments, dont la Bourse et le magasin Central World. L'incendie du premier centre commercial du pays a finalement été maitrisé, selon la chaîne de télévision thaïlandaise TPBS.

Le ministre thaïlandais des Finances, Korn Chatikavanij, a fait savoir que la Bourse serait fermée jeudi et vendredi en raison de l'escalade de la violence. Le principal indice, le SET, a terminé la séance en hausse de 0.71% à 765.54 points mercredi.

A Bangkok, plusieurs émeutes ont éclaté et des manifestants s'en sont pris à la station de télévision Channel 3.

Le quartier de Sukhumvit Road, qui abrite des complexes touristiques et résidentiels de luxe, a été privé d'électricité quelques heures après la prise de contrôle par l'armée du campement occupé depuis cinq semaines par les "Chemises rouges".

Dans la matinée, les militaires ont effectué une percée en forçant une barricade à bord de véhicules blindés lors d'une attaque qui a fait quatre morts.

Cinquante personnes ont été blessés dont trois journalistes. Un journaliste italien a par ailleurs été tué.

Deux manifestants ont été abattus par les soldats dont l'un a été touché à la poitrine alors qu'il tentait d'aider un de ses camarades. Les opposants ont répliqué en tirant en direction des militaires, a rapporté un journaliste de Reuters.

CAPITULATION DES OPPOSANTS

Les principaux dirigeants de l'opposition ont finalement appelé leurs partisans à quitter le camp et à rentrer chez eux alors que des manifestants les exhortaient à poursuivre les combats.

La télévision nationale a montré quatre des principaux dirigeants de l'opposition détenus dans un commissariat de Bangkok.

"La situation générale est sous-contrôle. Les forces de sécurité ont terminé leur offensive", a déclaré le porte-parole de l'armée, Sansern Kaewkamnerd à la télévision.

Cette annonce n'a pas mis fin aux troubles qui secouent la capitale depuis six jours et qui ont transformé le quartier d'affaires de Bangkok en véritable champ de bataille, tuant 41 personnes et en blessant plus de 330.

Quelques minutes après la capitulation des "chemises rouges", trois grenades ont explosé devant le principal site d'affrontement, blessant gravement deux soldats et un journaliste étranger, a indiqué un correspondant de Reuters.

Plusieurs médias, comme The Bangkok Post et The Nation, ont procédé à l'évacuation de leurs bureaux après avoir reçu des menaces de manifestants les accusant de reportages partiaux.

RISQUE DE GUÉRILLA

Des scènes de violence ont également éclaté dans le nord-est de la Thaïlande, bastion des "Chemises rouges", où des manifestants ont pris d'assaut et mis le feu à la mairie des villes d'Udon Thani et de Khon Kaen.

L'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a déclaré redouter que l'offensive militaire contre ses partisans se transforme en une guérilla capable de se propager à l'ensemble du pays.

"Une théorie affirme que la répression militaire peut propager le ressentiment et les gens animés de ressentiment peuvent se transformer en rebelles", a déclaré Thaksin, joint au téléphone par Reuters.

L'ex-chef du gouvernement qui vit en exil a refusé de préciser l'endroit où il se trouvait actuellement.

L'offensive militaire intervient au lendemain de l'échec de négociations destinées à mettre fin à cinq semaines de troubles.

Les manifestants, qui occupent le centre de Bangkok depuis le 3 avril, demandent la convocation d'élections anticipées et estiment que le chef du gouvernement Abhisit Vejjajiva est arrivé au pouvoir à la faveur d'un scrutin contestable en 2008.

Avec Nopporn Wong-Anan et Ambika Ahuja, Pierre Sérisier, Pascal Liétout et Marine Pennetier pour le service français