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Brésil: un décret de Bolsonaro s'en prend aux finances de la presse écrite

Jair Bolsonaro

Jair Bolsonaro - EVARISTO SA / AFP

Jair Bolsonaro, président du Brésil, a pris un décret qui pourrait porter un rude coup aux finances de la presse écrite. Il lui permettra de se venger des "attaques" des médias, selon ses propres termes.

Un décret pris par le président du Brésil Jair Bolsonaro menace de porter un rude coup aux finances de la presse écrite et lui permettra, a-t-il dit dans un premier temps, de se venger des "attaques" des médias.

Le décret en question, publié mardi au Journal officiel, exempte les entreprises cotées en bourse de l'obligation de publier leurs résultats en achetant des espaces publicitaires dans la presse écrite. Avec le nouveau décret, les entreprises pourront se contenter de publier leurs résultats gratuitement dans le Journal Officiel et sur le site de l'autorité de régulation boursière brésilienne (CVM).

Ces espaces occupent de nombreuses pages et constituent une source notable de revenus pour de nombreux journaux brésiliens. L'Association nationale des journalistes (ANP) a affirmé dans un communiqué que le nouveau décret "va à l'encontre de la transparence des informations exigées par la société".

Une "mesure provisoire" pour l'instant

Le décret est une "mesure provisoire", ce qui signifie qu'il est à effet immédiat mais que son application définitive doit être soumise prochainement à l'approbation du Parlement.

"J'ai été élu président malgré les attaques de presque tous les médias, qui m'ont traité de raciste, de fasciste... Avec ce décret, je leur ai rendu la monnaie de leur pièce", a déclaré le chef de l'Etat en marge de l'inauguration d'une usine à Sao Paulo. 

Face aux critiques qui ont fusé à la suite de cette annonce, le président Bolsonaro est revenu sur ses propos, affirmant contrairement à ce qu'il avait dit auparavant qu'il ne s'agissait pas de "représailles contre la presse".

Bolsonaro cible notamment un quotidien économique

Dans son discours, Jair Bolsonaro a ciblé nommément le quotidien économique Valor Econômico. "J'espère que Valor Econômico survivra au décret provisoire, je l'espère", a déclaré le président en riant.

Selon Jair Bolsonaro, le quotidien l'a attaqué pendant la campagne électorale de 2018 après qu'il lui a accordé deux interviews. Valor Economico affirme en revanche que malgré des demandes insistantes de sa part, Jair Bolsonaro ne lui a donné aucune interview pendant la campagne. 

Par ailleurs, Valor Economico a publié mardi un reportage sur Carlos Bolsonaro, fils et conseiller du président, qui a critiqué et insulté le quotidien sur son compte Twitter et a défendu le décret provisoire, déclarant qu'il "favorise l'économie".

Alexandra Jaegy avec AFP