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Bourreaux de Daesh: une enquête ouverte contre deux Français

Maxime Hauchard, 22 ans, fait partie des bourreaux de l'Etat islamique, en Syrie.

Maxime Hauchard, 22 ans, fait partie des bourreaux de l'Etat islamique, en Syrie. - BFMTV

La justice a ouvert une enquête pour assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste "visant les agissements de deux Français" qui pourraient être impliqués dans la décapitation de prisonniers dans la vidéo diffusée dimanche par Daesh.

La justice française a ouvert, lundi, une enquête pour assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste, "visant les agissements de deux Français". Ces derniers pourraient être impliqués dans la décapitation de prisonniers dans une vidéo diffusée dimanche par le groupe Etat islamique, a annoncé le procureur de Paris François Molins.

Qui sont ces ressortissants dans le viseur de la justice? Comment la justice française s'intéresse à leurs contacts en France? Revue de détails. 

> Maxime Hauchard identifié sur la vidéo

Le premier ressortissant Français, "le nommé Maxime Hauchard", a été identifié parmi les bourreaux du groupe jihadiste dans la "vidéo de propagande" diffusée dimanche, a confirmé François Molins face aux journalistes. 

Ce Normand de 22 ans a quitté la France pour rejoindre la Syrie "le 17 août 2013 sous couvert d'action humanitaire", a-t-il détaillé. En juillet, interviewé par BFMTV via Skype, le jeune homme avait dit s'être "converti seul", sur Internet, à 17 ans.

"Une seule mention" figurait jusque là à son casier judiciaire, a ajouté François Molins, "une peine d'amende de 300 euros" prononcée en 2012 "pour délit de fuite et circulation sans assurance".

Maxime Hauchard "avait attiré l'attention des services de renseignement dès 2011" pour son "appartenance à la mouvance salafiste radicale locale", a indiqué le procureur de Paris. Il était déjà connu des services spécialisés "pour avoir fait deux séjours en Mauritanie entre octobre 2012 et mai 2013", où il avait suivi un enseignement coranique "dans deux centres d'étude d'obédience salafiste". Il était revenu en France "déçu", jugeant l'enseignement "pas assez radical".

> Un "second Français" parmi les bourreaux?

François Molins a aussi évoqué la présence "possible", mais qui reste à confirmer sur la vidéo de Daesh d'un "second Français" qui "pourrait être impliqué" dans les exécutions.

C'est pour l'instant "une hypothèse" sur laquelle travaillent la section antiterroriste du parquet de Paris et la DGSI. Il pourrait s'agir d'un "jeune converti né en 1992, parti rejoindre les rangs de l'Etat islamique en août 2013".

Celui-ci fait l'objet d'un mandat d'arrêt, délivré dans le cadre d'une "information judiciaire ouverte en octobre 2013", a fait savoir le procureur de Paris.

> Un "contact" de Maxime Hauchard interpellé en France

Par ailleurs, "les développements récents de l'enquête préliminaire" dont Maxime Hauchard faisait l'objet "ont conduit à l'interpellation d'un contact resté en France" et à sa "présentation la semaine dernière au parquet", a annoncé François Molins.

Cette présentation "a donné lieu à l'ouverture d'une information judiciaire le 7 novembre 2014" dans le cadre de laquelle celui-ci a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes" et "placé sous contrôle judiciaire", a ajouté le procureur de Paris. 

Violette Robinet