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Berlusconi replonge l'Italie dans la crise politique

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Cinq ministres membres du parti de Berlusconi ont démissionné ce week-end. Des démissions qui risquent de plonger l’Italie dans une crise politique majeure.

Après la démission de 5 ministres membres de son parti (Peuple de la liberté) ce week-end, le président du Conseil italien a décidé de convoquer le Parlement mercredi pour un vote de confiance.

Les cinq ministres ont tous suivi la consigne de Silvio Berlusconi qui avait jugé « inacceptable » et « irrecevable » « l'ultimatum » du président du Conseil. Enrico Letta avait demandé vendredi soir une clarification devant le Parlement à propos du soutien incertain du centre droit à son gouvernement de coalition droite-gauche.

Silvio Berlusconi espère soit revenir au pouvoir grâce à ces éventuelles élections anticipées, soit une amnistie. Le Cavaliere risque en effet de perdre prochainement son immunité parlementaire ce qui pourrait le conduire tout droit en prison.

« Berlusconi joue la politique du pire »

Selon Marc Lazar, enseignant à Sciences-po Paris, et spécialiste de l'Italie, les conséquences de ces défections vont être graves : « C’est une situation absolument dramatique pour l’Italie. C’est la raison pour laquelle le patronat italien les principaux médias, les syndicats et même l’Eglise suppliaient Berlusconi de ne pas déclencher cette crise. Cette crise va impacter l’économie, va déjà avoir des effets à la bourse de Milan et dans toutes les bourses européennes. Ca va provoquer une immense inquiétude dans un pays malade : l’Italie est en récession, le chômage augmente, les inégalités sociales se creusent, la compétitivité des entreprises reculent de plus en plus. Berlusconi joue la politique du pire ».

Selon ce spécialiste, plusieurs scénarios sont envisageables : « Enrico Letta va tout faire pour essayer d’obtenir la confiance et pouvoir continuer avec un gouvernement modifié y compris composé peut-être de berlusconiens qui auraient trahi Silvio Berlusconi. S’il n’y arrive pas le président de la république essaiera de reformer un gouvernement et s’il n’y arrive pas, le président de la république a une arme majeure. Il paraît qu’il a déjà rédigé sa lettre de démission de telle façon qu’il y aurait l’élection d’un président de la république qui pourrait être beaucoup plus dur que ne l’était Giorgio Napolitano contre Silvio Berlusconi, donc c’est un jeu très risqué auquel se prête Silvio Berlusconi ».

La rédaction avec Claire Checcaglini