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Dopage: pour Poutine, le lanceur d'alerte Rodtchenkov est un "imbécile" qu'il faut "mettre en prison"

Le président russe Vladimir Poutine lors du 75e anniversaire de la fin du siège de Leningrad, à Saint-Pétersbourg le 18 janvier 2018.

Le président russe Vladimir Poutine lors du 75e anniversaire de la fin du siège de Leningrad, à Saint-Pétersbourg le 18 janvier 2018. - Anatoly Maltsev - pool - AFP

Vladimir Poutine a estimé ce mardi que la place du lanceur d'alerte Grigory Rodchenkov, ex-responsable de l'antidopage russe, était "en prison".

Le président russe Vladimir Poutine a qualifié ce mardi d'"imbécile" qu'il faut "mettre en prison" l'ex-responsable de l'antidopage russe devenu lanceur d'alerte Grigory Rodchenkov, qui l'a accusé d'avoir joué un rôle crucial dans le dopage institutionnalisé mis en place en Russie.

"Maintenant, ils tiennent cet imbécile de Rodchenkov (réfugié aux Etats-Unis, NDLR). Cet homme a clairement des problèmes avec la loi (...), il faut le mettre en prison", a-t-il déclaré lors d'une conférence avec des hauts responsables de son QG de campagne pour l'élection présidentielle de mars.

Vladimir Poutine a néanmoins reconnu l'ampleur du scandale dans lequel le pays est empêtré: "C'est de notre faute, il y a eu des cas de dopage en Russie", a-t-il concédé.

"Il ne faut pas transformer le sport en arrière-cour d'une sorte de sale cuisine politique"

"C'est la vérité et je veux que l'auditoire et tout le pays le sache. Mais il y a eu de tels exemples (de dopage) sur toute la planète, mais ils ne sont pas mis en avant et dramatisés", a ajouté Vladimir Poutine.

"Il ne faut pas transformer le sport, le mouvement olympique, en arrière-cour d'une sorte de sale cuisine politique", a poursuivi le président russe, selon des propos retransmis à la télévision publique.

Grigory Rodchenkov a affirmé dans un entretien diffusé lundi par la chaîne allemande ARD que seul le président russe avait le pouvoir d'ordonner aux services spéciaux (FSB) d'organiser le système de dopage mis au jour en Russie.

La présidence russe accuse Rodchenkov de diffamation

Dmitri Peskov, le porte-parole du président russe, avait plus tôt dans la journée qualifié ces accusations de "diffamation qui ne se base sur aucune preuve". 

Moscou a toujours réfuté la dimension institutionnelle du système de dopage. En décembre, les services d'enquête russes ont même accusé Grigory Rodchenkov, dont le témoignage a été à l'origine du scandale, d'avoir dopé personnellement les sportifs russes et d'avoir "manipulé" les tests.

Les comités internationaux olympiques et paralympiques ont interdit la Russie de participation aux jeux d'hiver de Pyeongchang en Corée du Sud (9-25 février), mais certains athlètes jugés propres pourront tout de même concourir sous bannière olympique.

L.A., avec AFP