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Mike Pence recommande à Pyongyang de ne pas éprouver la détermination de Donald Trump 

Lors d'une visite sur la zone démilitarisée entre les deux Corées et au lendemain de l'échec d'un tir de missile par Pyongyang, le vice-président américain a déclaré que "toutes les options" étaient "sur la table".

Mike Pence a affirmé ce lundi que "toutes les options" étaient "sur la table" pour régler le dossier nord-coréen, lors d'une visite très symbolique de la zone démilitarisée (DMZ), au lendemain de l'échec d'un tir de missile nord-coréen. Le vice-président des Etats-Unis a recommandé à Pyongyang de ne pas éprouver la "détermination" de Donald Trump sur la question nucléaire, ni la puissance de l'armée américaine.

"Ces deux dernières semaines, le monde a été le témoin de la puissance et de la détermination de notre nouveau président au cours d'opérations menées en Syrie et en Afghanistan", a déclaré Mike Pence, évoquant la frappe américaine contre une base aérienne du régime syrien et le largage d'une méga-bombe contre des jihadistes en Afghanistan. "La Corée du Nord ferait mieux de ne pas éprouver sa détermination ou la puissance des forces armées des Etats-Unis dans cette région", a-t-il ajouté, après une conférence de presse à Séoul.

La visite du vice-président américain sur l'une des frontières les plus militarisées au monde avait pour but de marquer le changement de politique américaine vis-à-vis de Pyongyang, après des années d'essais balistiques et nucléaires en violation de toutes les résolutions internationales.

"Nous demeurons au côté des Sud-Coréens"

Mike Pence était arrivé dimanche en Corée du Sud, au moment où de nombreux experts redoutent un sixième essai nucléaire nord-coréen, et au lendemain d'un gigantesque défilé militaire à Pyongyang, au cours duquel le régime nord-coréen pourrait avoir présenté des missiles intercontinentaux.

Cette visite intervient dans un contexte de très fortes tensions sur la péninsule, où les États-Unis ont décidé d'envoyer un groupe aéronaval. Washington veut parvenir à la sécurité "au travers de moyens pacifiques, grâce à la négociation", a assuré Mike Pence lors de sa première visite en Corée du Sud. 

"Mais toutes les options sont sur la table et nous demeurons au côté des Sud-Coréens", a-t-il dit au village frontalier de Panmunjom, où avait été signé le cessez-le-feu de 1953.

"Nous recherchons la paix"

Il s'exprimait à Freedom House, un des bâtiments situé à quelques mètres d'une démarcation qu'il a qualifiée de "frontière de la liberté". Il a affirmé que la relation entre Séoul et Washington était "à toute épreuve et inaltérable".

"Le message du peuple des États-Unis d'Amérique est que nous recherchons la paix, mais l'Amérique a toujours cherché à parvenir à la paix en s'appuyant sur la puissance, et mon message aujourd'hui, alors que je me tiens avec les forces américaines en Corée, avec les militaires courageux de la République de Corée, est un message de détermination", a-t-il déclaré, en soulignant que les Nord-Coréens ne devaient "pas se méprendre sur la détermination des Etats-Unis".

"L'ère de la patience stratégique est révolue", a ajouté Mike Pence, en référence à la doctrine de l'administration Obama qui consistait à refuser tout dialogue avec le Nord et à durcir les sanctions, afin que Pyongyang fasse des gestes tangibles vers la dénucléarisation, dans l'espoir que les tensions internes dans ce pays reclus provoquent du changement.

Des avertissements de plus en plus menaçants

Les tensions ont augmenté ces derniers mois, les essais balistiques nord-coréens, interdits par la communauté internationale, entraînant des avertissements de plus en plus menaçants de Washington, qui eux-mêmes ont encore un peu plus enflammé la rhétorique nord-coréenne. Le nouveau et inexpérimenté président américain Donald Trump a plusieurs fois affirmé qu'il ne laisserait pas la Corée du Nord mettre au point un missile intercontinental susceptible de porter le feu nucléaire sur le sol américain. Or, Pyongyang justifie son programme nucléaire par la menace américaine.

Mais le nouveau locataire du bureau ovale s'est également dit prêt à régler seul la question nucléaire nord-coréenne si Pékin ne parvenait pas à faire rentrer son turbulent allié dans le rang. Un avertissement encore réitéré dimanche par un haut conseiller de la Maison Blanche en matière de politique étrangère: "Toute une gamme d'outils est à la disposition du président américain, s'il devait décider de les utiliser", a-t-il dit.

C.H.A. avec AFP