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Bangladesh: de grandes marques s'engagent à inspecter les "ateliers de misère"

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de textiles au monde, derrière la Chine.

Le Bangladesh est le deuxième exportateur de textiles au monde, derrière la Chine. - -

Depuis plusieurs mois, le "Made in Bangladesh" est entaché par des incidents dramatiques, liés au très mauvais état des ateliers de confection. Pour remédier à ce problème, soixante-dix chaînes de distribution ont signé, ce lundi, un accord qui prévoit d’inspecter les usines et d’y effectuer les travaux indispensables.

On les appelle les "ateliers de misère". Au Bangladesh, des milliers d’ouvriers travaillent dans les usines du secteur textile, pilier de l’économie du pays qui représente à lui seul 25 milliards de dollars. Des ouvriers y travaillent à des cadences infernales, dans des conditions de sécurité alarmantes. Il a fallu un énième incident, particulièrement dramatique, pour alerter les consciences. En avril dernier, l’effondrement de l’immeuble Rana Plaza, dans la banlieue de Dacca, avait causé la mort de 1.129 personnes.

En réponse à ces catastrophes en série, soixante-dix grandes chaînes de distribution, principalement européennes, se sont engagées ce lundi auprès des syndicats bangladais à inspecter les usines de textile du pays. A terme, il est prévu de réaliser tous les travaux de sécurisation nécessaires.

Gap et Walmart refusent l'accord

Parmi les signataires, les géants du prêt-à-porter H&M, Zara, Benetton, ou encore le français Carrefour et le britannique Tesco. Tous devront révéler l’identité de leurs fournisseurs avant que soit envoyée une équipe d’inspecteurs chargée d’identifier les besoins en réparations.

D’autres marques, comme les groupes américains Gap et Walmart, ont refusé de signer l’accord. Peut-être ont-ils été effrayés par l’ampleur du chantier? Selon une enquête publiée la semaine dernière, 90% des usines bangladaises présenteraient des défauts de structures, et le coût des rénovations pourrait s’élever à 3 milliards de dollars. Une facture salée qui n’a pas encore trouvé de payeur puisqu’à ce jour, aucun des distributeurs n’a pris d’engagement financier. 

Souen Léger avec AFP