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Aquarius: "Il n'y aura plus de nourriture après ce soir"

Le bateau est coincé en mer après le refus de Malte et de l'Italie d'accueillir les migrants qu'il a secourus. Présente sur l'Aquarius, une journaliste explique à BFMTV comment se portent les 629 rescapés, après plus de 20 heures en mer et alors que la nourriture risque de manquer.

Après un refus des autorités italiennes et maltaises, les 629 migrants sauvés par l'Aquarius sont toujours coincés en mer. Le bateau, affrété par l'ONG SOS Méditerranée, stagne ce lundi au large de Malte. Anelis Borges, journaliste à Euronews présente sur l'embarcation, décrit l'atmosphère de chaos et d'incertitude qui y règne:

"Parmi ces 629 personnes on a des femmes, plus de 80 femmes, 7 femmes enceintes, des enfants en très bas âge", raconte-t-elle. "Cela fait déjà plus de 20 heures que nous sommes dans cette position en stand-by."

En début d'après-midi, le chef du gouvernement espagnol a annoncé que son pays accueillerait les migrants, secourus au large de la Libye. Malgré tout, l'Aquarius ne s'est pas encore avancé vers le port de Valence, attendant un ordre du centre de coordination des secours de Rome, compétent en la matière.

La nourriture vient à manquer

"La situation à bord est très difficile, il fait très chaud, c’est des personnes qui ont passé beaucoup de temps en mer même avant d’être sauvées", poursuit la journaliste. Se pose désormais le problème des vivres: "Médecins sans frontières et ses équipes à bord nous informent qu’il est très probable qu’il n'y aura plus de nourriture après ce soir, donc ils demandent avec urgence que les autorités italiennes prennent une décision."

Le Premier ministre maltais, Joseph Muscat, a annoncé que son pays enverrait des ravitaillements au navire. Mais là encore, "tout passe par Rome", assure la journaliste. 

La Libye, l'ultime crainte

Les migrants craignent un retour en Libye, et les volontaires redoutent de voir cette idée se propager parmi les rescapés:

"On risque vraiment un débordement de foule incroyable, des gens qui à mon avis sauteront dans la mer", explique Anelis Borges. "Il y a eu des cas où les gens ont cru que l’Aquarius était les autorités libyennes, et ils ont failli eux-mêmes couler leurs bateaux parce qu’ils avaient peur de rentrer en Libye."

B.P.