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"Aidez-nous!", "révolution!": Macron interpellé par la foule à Beyrouth

Emmanuel Macron se trouve ce jeudi à Beyrouth, dévastée par une explosion. Des Beyrouthins ont scandé des slogans hostiles à la classe politique libanaise sur sa route. Emmanuel Macron a réagi.

À l'évidence, le président français est l'objet d'une immense attente à Beyrouth, où une double explosion a éventré le port mardi, soufflant une partie de la ville, et tuant au moins 137 personnes, sans compter les milliers de blessés. Arrivé ce jeudi dans la capitale libanaise, Emmanuel Macron a été confronté sans tarder à la douleur d'une population beyrouthine meurtrie. Après avoir visité le port, il s'est rendu dans le quartier chrétien de Mar Mikhaël-Gemmayzé.

"Le peuple veut la chute du régime!"

Les Libanais entourant le cortège l'ont alors accompagné de chants, de cris, de slogans, où l'exaspération concurrençait l'espoir. Les "Révolution !" de l'assistance alternaient avec la dénonciation de Michel Aoun, président de la République libanaise. "Michel Aoun, terroriste!" martelait ainsi la foule, comme l'a expliqué la journaliste indépendante Emily Lewis dans le tweet ci-dessous.

Certains ont développé: "Monsieur le président, vous êtes sur la rue du général Gouraud (NDLR, gouverneur du Liban sous le mandat français en 1920) qui nous a libérés des Ottomans. Libérez-nous des autorités actuelles". Un autre a vu dans la venue du chef de l'Etat l'opportunité de lutter contre la formation politique chiite: "Monsieur Macron, libérez-nous du Hezbollah". "Le peuple veut la chute du régime", ont encore entendu les journalistes sur place.

Macron promet qu'il "prendra ses responsabilités"

Au milieu de cordons de militaires et de gardes du corps, Emmanuel Macron a recueilli quelques applaudissements tandis que ses interlocuteurs reprenaient: " Vive la France ! Aidez-nous ! Vous êtes le seul espoir !". Plus tôt sur le port, un secouriste avait affirmé à Emmanuel Macron: "Le Liban est ton fils".

Celui-ci a pris la parole: "Je suis là, et c'est mon devoir, pour vous aider en tant que peuple, pour vous apporter les médicaments, la nourriture. Je vous garantis que cette aide n'ira pas dans les mains de la corruption. Je veux que vous ayez un droit de regard sur cette aide." Evoquant les dirigeants libanais, il a lâché:

"Je vais parler à toutes les forces politiques pour leur demander un nouveau pacte. Je suis là aujourd'hui car je veux leur proposer un nouveau pacte politique. S'ils ne savent pas les tenir, je prendrai mes responsabilités." Visiblement peu soucieux de ménager le gouvernement local, il a ensuite posé: "Je suis obligé de m'asseoir avec eux". "Je leur dirai la vérité, je vais leur demander des comptes", a-t-il insisté.

La visite a tourné au bain de foule. L'agenda d'Emmanuel Macron se fera plus compassé au cour de l'après-midi, le président de la République devant notamment donner une conférence de presse à 17h30 après avoir échangé avec le personnel politique libanais.

Anne Saurat-Dubois avec Robin Verner