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Un an de hashtags #antiTrump

Lors d'une manifestation anti-Trump, le 20 février, à Washington.

Lors d'une manifestation anti-Trump, le 20 février, à Washington. - Aaron B. Bernstein

Ce mercredi marque le premier anniversaire de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Le 8 novembre 2016, le milliardaire s’imposait face à la démocrate Hillary Clinton, pourtant donnée gagnante par les sondages. Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump, qui n’avait jamais fait de politique, ne laisse personne indifférent, notamment sur les réseaux sociaux.

Donald Trump a fait de Twitter sa marque de fabrique. Depuis le début de sa campagne électorale, pas un jour ne passe sans que le 45e président des Etats-Unis n’exprime son avis, et souvent sa colère, sur le réseau social, devenu sa caisse de résonance favorite, puisque ses messages sont désormais scrutés par les médias chaque matin.

Mais c’est aussi sur Twitter que s’exprime, depuis un an, le mécontentement contre la politique de l’homme d’affaires, dont les choix et la manière de gouverner divisent plus que jamais la société américaine. Depuis novembre 2016, de nombreux hashtags anti-Trump sont ainsi apparus sur les réseaux sociaux, pour critiquer sa politique, ou tout simplement moquer le personnage. Certains ont rencontré un franc succès, jusqu’à parfois se déplacer dans la vie réelle.

#NotMyPresident

Pour toute une partie de la population américaine, l’annonce de la victoire de Donald Trump, au terme de la soirée électorale du 8 novembre, est vécue comme un drame. Dès le lendemain, des rassemblements sont organisés dans plusieurs grandes villes pour protester contre le résultat du scrutin, pourtant clair puisque le républicain a remporté 304 grands électeurs (ce que privilégie le système électoral américain), contre 227 pour Hillary Clinton, qui a en revanche engrangé le plus de voix populaires.

Sur Twitter, l’opposition à ce résultat se manifeste sous le hashtag #NotMyPresident (en français “pas mon président”), un slogan que l’on retrouve aussi sur les pancartes des protestataires, sous les fenêtres de la Trump Tower, à New York, où vit alors le milliardaire.

une manifestation anti-Trump le jour de l'investiture du 45e président des Etats-Unis, le 20 janvier 2017, à Washington.
une manifestation anti-Trump le jour de l'investiture du 45e président des Etats-Unis, le 20 janvier 2017, à Washington. © Mario Tama - Getty - AFP

#AlternativeFacts

Avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche apparaît un nouveau concept, celui des “alternative facts”, ou “faits alternatifs”, en version française. L’expression est utilisée pour la première fois par la conseillère du président américain Kellyane Conway le 22 janvier 2017, soit deux jours seulement après l’arrivée au pouvoir de l’administration Trump au pouvoir.

Kellyane Conway choisit alors cette expression pour justifier auprès de journalistes des propos tenus la veille par le porte-parole de la Maison Blanche d’alors, Sean Spicer. Celui-ci avait accusé la presse d’avoir volontairement sous-estimé l’ampleur de la foule rassemblée à Washington pour assister à l’investiture de Donald Trump, le 20 janvier, qui a selon lui attiré la plus grande audience historique pour une cérémonie d’investiture.

Pour balayer les accusations de mensonge contre Sean Spicer, Kellyane Conway brandit la notion de “faits alternatifs”. Au-delà de la polémique, le concept déclenche une vague de moqueries sur Twitter, les internautes s’en servant pour railler les débuts chaotiques de l’administration Trump, et voyant là un moyen de justifier n’importe quel mensonge.

#Covfefe

Le 31 mai, l’Europe découvre à l’aube, en se réveillant, le dernier tweet posté par Donald Trump depuis l’autre côté de la planète, avant d’aller se coucher. Cette fois-ci, pas de vociférations en majuscules, mais un mot, étrange, inconnu, indéchiffrable: “covfefe”. Le mot en question suit une phrase. “Despite the constant negative press covfefe” (en français: “Malgré le fait que la presse soit constamment négative covfefe”).

Si le tweet semble être une énième critique envers les médias, que le président américain a pris l’habitude de formuler tous les jours, il comporte cette fois-ci une originalité, que les internautes tenteront d’interpréter dans tous les sens, avec beaucoup d’humour et d’ironie, pendant de longues heures. En l’espace de quelques minutes, le hashtag #covfefe envahit Twitter. Parmi les interprétations favorites, celle d’un président américain s’étant endormi le téléphone à la main, ou d’une traduction de “covfefe” en russe signifiant “I resign” (“je démissionne”).

Six heures plus tard, Donald Trump se réveille, supprime son tweet, et choisit de rebondir avec humour à la vague de détournements qui s’est abattue sur Twitter: “Qui peut comprendre la véritable signification de 'covfefe'??? Profitez!”, écrit-il. 

#ThisIsNotUs

Août 2017. Les Etats-Unis découvrent, dans la douleur, que le racisme fait encore pleinement partie de la société américaine. Le 12 août, des heurts éclatent à Charlottesville, en Virginie, où se tient un rassemblement de néo-nazis, membres du KKK, et suprémacistes blancs, qui protestent contre le déboulonnage d’une statue confédérée. Face à eux, des militants antiracistes. Des heurts éclatent, une voiture conduite par un néo-nazi fonce dans la foule, et fauche mortellement une militante.

L’ampleur et la violence de la manifestation raciste, ajoutées à l’ambiguïté de Donald Trump sur le sujet - en vacances dans un de ses golfs, le président américain condamne des torts venus “des deux côtés” - choque l’opinion publique. Sur Twitter, des internautes se démarquent de cette Amérique-là, par le biais du mot-clé #ThisIsNotUs (“Ce n’est pas nous”), dénonçant ainsi la haine et le sectarisme, qui rappellent la ségrégation raciale appliquée jusqu’à la fin des années 1960 outre-Atlantique. Tandis que des milliers de manifestants descendent dans les rues pour dénoncer le racisme. 

#TakeAKnee

Au mois de septembre, Donald Trump s’oppose au monde du sport, et ne s’attendait certainement pas à la réaction qui allait suivre. Tout part d’invectives du président américain à l’encontre de joueurs de football américain, qui ont selon lui manqué de respect au pays en refusant de se lever pour l’hymne américain, dans le but de protester contre les violences raciales et policières. Lors d’un meeting, Donald Trump va jusqu’à violemment insulter un joueur et appelle le public à boycotter certaines équipes de la National Football League (NFL), la ligue de football américain.

En guise de réponse, de nombreux joueurs commencent à poser un genou à terre, pendant l’hymne, en début de match, tandis que d’autres restent au vestiaire. De son côté, le patron de la NFL déplore les commentaires “offensants” du président et apporte son soutien aux joueurs.

Très vite, le phénomène se traduit sur Twitter sous le hashtag #TakeAKnee (“genou à terre”), qui rassemble des millions de messages, et s’étend à d’autres sports, mais aussi d’autres domaines, notamment la musique ou le cinéma. De nombreux artistes se sont ainsi affichés genoux à terre, sur scène ou sur les réseaux sociaux, en signe de soutien.

Des joueurs des Detroits Lions posent un genou à terre pendant l'hymne, le 1er octobre, avant un match.
Des joueurs des Detroits Lions posent un genou à terre pendant l'hymne, le 1er octobre, avant un match. © Hannah Foslien - Getty - AFP