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Sanctions contre la Russie: Barack Obama veut-il piéger Donald Trump?

Trois semaines avant son départ de la Maison Blanche, Barack Obama apporte une réponse très ferme aux soupçons d'ingérence russe dans la présidentielle américaine. Une façon de laisser sa marque, mais surtout de diviser les Républicains et d'isoler Donald Trump avant sa prise de mandat.

Barack Obama a annoncé jeudi soir une série de sanctions diplomatiques spectaculaires contre la Russie, afin de répliquer à l'ingérence de Moscou, accusée d'avoir piloté notamment des piratages ciblés, afin d'avoir une influence sur la présidentielle de novembre. A trois semaines de la fin de son mandat, on pourrait se demander quel impact l'actuel président américain peut espérer obtenir avec ces décisions, puisque l'administration Trump remplacera très bientôt la sienne. Et que Donald Trump compte bien faire un allié de Moscou. Mais c'est précisément pour cela que la fermeté de Barack Obama, bien que jugée tardive par certains, va avoir un impact. 

La président américain, en choisissant ces sanctions, veut s'assurer que les cyberattaques russes ne resteront pas sans réponse. Rien ne dit en revanche ce que décidera son successeur, mais son choix, quel qu'il soit, aura une importance. Pour Barack Obama, ces sanctions diplomatiques sont un moyen de "coincer" Donald Trump, comme le soulignent de nombreux quotidiens américains.

"C'est une façon de forcer Donald Trump à se positionner, lui qui réfute les attaques menées par la Russie. Il pourra maintenir ou lever les sanctions, mais il est déjà isolé dans son camp républicain", analyse Cédric Faiche, le correspondant de BFMTV aux Etats-Unis. 

Une décision "appropriée" pour les leaders républicains

En effet, poursuivre les sanctions contre la Russie placerait Donald Trump en porte-à-faux avec son allié du Kremlin, une fois au pouvoir. Mais y mettre fin ne ferait que renforcer les accusations d'une trop grande proximité avec Moscou, qui n'est pas une nation amie pour l'ensemble du camp républicain.

La position pro-russe de Donald Trump l'isole déjà au sein de sa famille politique. Mitch McConnell, le leader de la majorité républicaine au Sénat, soutient par exemple la décision de Barack Obama d'imposer des sanctions. Dans un communiqué publié notamment sur son compte Twitter, il juge que c'est un "bon premier pas, bien qu'il soit tardif".

Piégé Donald Trump? Le président élu des Etats-Unis s'est contenté de saluer dans un tweet - retweeté par l'ambassade russe de Washington - vendredi "l'intelligence" du président russe Vladimir Poutine. La Russie "ne va expulser personne" en réponse aux sanctions américaines avait déclaré Vladimir Poutine à la mi-journée.

Vers des sanctions plus sévères encore?

Paul Ryan, le président de la Chambre des représentants, a lui aussi estimé qu'il s'agissait d'une "manière appropriée de mettre fin à huit ans d'une politique ratée vis-à-vis de la Russie, peut-on lire dans le Washington Post. Les sénateurs John McCain et Lindsey Graham ont promis quant à eux d'imposer des sanctions plus fortes encore que celles annoncées par Barack Obama. 

"Les actions de M. Obama posent clairement un problème à M. Trump (...) qui a remis en question le fait que la Russie soit derrière le piratage", écrit le New York Times.

Trump a demandé un briefing sur le piratage

"Après s'être vanté de son refus d'assister régulièrement aux briefings sur la sécurité, il a aussi déclaré qu'il rencontrerait la semaine prochaine les leaders de la communauté du renseignement afin d'être briefé sur le piratage", pointe aussi le quotidien, qui devine un léger changement de ton de la part du président élu. 

"Dans moins d'un mois, M. Trump devra décider si il prend le parti de ses alliés démocrates au Capitol, ou celui de son ami autoritaire du Kremlin", conclut le quotidien américain.

"Barack Obama est en train de savonner la planche de Donald Trump pour ces prochaines semaines", insiste François Durpaire. De son côté, le président élu ne dit pas grand chose, si ce n'est qu'il appelle à passer à des choses "plus importantes". 

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Charlie Vandekerkhove