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Pour son premier anniversaire à la Maison Blanche, Trump essuie l'échec d'un "shutdown"

Donald Trump, le 17 janvier 2018.

Donald Trump, le 17 janvier 2018. - Mark Wilson - Getty - AFP

Malgré d'intenses tractations ces derniers jours, la majorité républicaine, l'opposition démocrate et la Maison-Blanche n'ont pu s'entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d'éviter ce "shutdown".

Un revers qui tombe mal. Ce samedi, un an jour pour jour après l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les États-Unis sont entrés dans une période de turbulences avec la fermeture partielle de l'administration fédérale, plus communément appelée "shutdown", après l'échec d'un vote crucial sur le budget au Sénat.

De quoi gâcher la fête du président américain, qui avait prévu de célébrer sa première année à la tête du pays dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride.

Que s'est-il passé?

Concrètement, vendredi soir, au Sénat américain, républicains et démocrates ne sont pas parvenus à s'entendre pour adopter un nouveau budget, ou tout simplement prolonger l'actuel de quatre semaines supplémentaires. Pour faire passer le budget, les républicains ont absolument besoin des voix démocrates. Ces derniers le savent, et en profitent pour essayer de faire passer des projets qui leur tiennent à coeur.

Cette fois-ci, il s'agissait d'une loi votée sous Barack Obama, permettant aux migrants arrivés aux Etats-Unis lorsqu'ils étaient enfants d'y rester une fois adultes. Ni Donald Trump ni les républicains ne veulent en entendre parler.

Conséquence: les discussions sont restées bloquées, et les démocrates n'ont pas donné leurs voix, entraînant un "shutdown", ce qui signifie que le gouvernement n'a plus d'argent pour payer des centaines de milliers de fonctionnaires. Dans le détail, les républicains, majoritaires avec 51 sièges au Sénat, n'ont obtenu que 50 voix, loin des 60 voix (sur 100) nécessaires en faveur d'une extension pour quatre semaines, jusqu'au 16 février, du budget fédéral. 

Les premiers effets devraient se faire sentir dès lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. En effet, les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

Trump avait fustigé Obama en 2013

Au cours des quarante dernières années, 12 "shutdown" ont eu lieu aux Etats-Unis. Mais il s'agit du premier "shutdown" depuis celui d'octobre 2013 -sous l'administration Obama- qui avait duré 16 jours. A l'époque, l'homme d'affaires Donald Trump avait d'ailleurs déclaré que Barack Obama était le seul responsable de la situation parce que le président des États-Unis est garant de l'unité de la nation. Ce que les démocrates n'ont pas manqué de lui rappeler ces dernières heures.

Ce samedi, républicains et démocrates se sont sans surprise rejetés la responsabilité de cet échec, la Maison Blanche accusant les démocrates de prendre les citoyens américains "en otage". "Nous ne négocierons pas sur le statut d'immigrants illégaux pendant que les démocrates prennent en otage les citoyens respectueux du droit avec leurs exigences irresponsables", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump. 

"C'est le premier anniversaire de ma présidence et les démocrates voulaient me donner un beau cadeau", a réagi Donald Trump sur son compte Twitter ce samedi, accompagnant son message du mot-clé "DemocratShutdown".

"Ce sera appelé le Trumpshutdown car personne, personne ne mérite autant que le président Trump d'être jugé responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons", a rétorqué le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer.

Trump en paiera-t-il le prix lors des midterms?

Mais au-delà des blocages des prochains jours, les effets se feront certainement ressentir lors des élections de mi-mandat, les midterms, en novembre prochain.

L'échéance électorale est en ligne de mire de tous les parlementaires. Les démocrates estiment que les républicains qui ont actuellement tous les leviers du pouvoir -Maison-Blanche, Chambre des représentants, Sénat- seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort. De leur côté, les républicains espèrent se servir du "shutdown" pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle. Quatre d'entre eux, selon les médias, ont d'ailleurs voté avec les républicains vendredi soir. 

Mais selon un sondage du Washington Post et d'ABC publié vendredi, 48% des Américains estiment que les républicains seraient responsables d'un éventuel blocage, contre 28% pour les démocrates.

A.S. avec Cédric Faiche et AFP