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La Suisse n'extradera pas Roman Polanski aux Etats-Unis

La Suisse a décidé de ne pas extrader Roman Polanski vers les Etats-Unis. Le cinéaste, âgé de 76 ans, n'est plus assigné à résidence dans son chalet de Gstaad. /Photo prise le 19 février 2009/REUTERS/Hannibal Hanschke

La Suisse a décidé de ne pas extrader Roman Polanski vers les Etats-Unis. Le cinéaste, âgé de 76 ans, n'est plus assigné à résidence dans son chalet de Gstaad. /Photo prise le 19 février 2009/REUTERS/Hannibal Hanschke - -

ZURICH/BERNE (Reuters) - La Suisse a décidé de ne pas extrader le cinéaste Roman Polanski vers les Etats-Unis, a annoncé le ministère suisse de la...

ZURICH/BERNE (Reuters) - La Suisse a décidé de ne pas extrader le cinéaste Roman Polanski vers les Etats-Unis, a annoncé le ministère suisse de la Justice.

Les mesures d'assignation à résidence et de surveillance électronique ont ainsi été levées, a ajouté la ministre suisse de la Justice, Eveline Widmer-Schlumpf, lors d'une conférence de presse à Berne.

"Monsieur Polanski est libre de se déplacer à présent. Il peut aller en France, en Pologne, dans n'importe quel endroit où il ne sera pas arrêté", a indiqué la ministre, qui ne pense pas que les Etats-Unis vont déposer une demande en appel.

"C'est une énorme satisfaction et le plus grand soulagement après la souffrance endurée par Roman Polanski et sa famille", a déclaré l'avocat du cinéaste, Hervé Temime.

Cette annonce met fin à plusieurs mois d'incertitude concernant le sort du réalisateur de "Chinatown" ou "Rosemary's Baby", dont la justice américaine demande la comparution dans une affaire de relations sexuelles avec une mineure de 13 ans en 1977.

Le cinéaste, qui est âgé de 76 ans et possède les nationalités française et polonaise, avait été arrêté à son arrivée en Suisse le 26 septembre à la demande des Etats-Unis.

Début décembre, il avait versé une caution de 4,5 millions de francs suisses mais avait été assigné à résidence dans son chalet de la station de ski de Gstaad, le temps que la procédure judiciaire américaine suive son cours.

"INCERTITUDES"

Cette dernière est à l'origine du rejet de la demande d'extradition. Le Département américain de la justice a refusé de faire parvenir aux autorités suisses le procès-verbal d'une audition du procureur Roger Gunson, alors chargé du dossier, arguant du caractère confidentiel du document.

"On ne saurait exclure avec toute la certitude voulue que Roman Polanski ait déjà exécuté la peine prononcée autrefois à son encontre et que la demande d'extradition souffre d'un vice grave. Vu les incertitudes qui subsistent quant à l'exposé des faits, la demande d'extradition doit être rejetée", a justifié l'Office fédéral de la justice (OFJ).

Lors de son procès aux Etats-Unis, en 1978, Polanski avait plaidé coupable de relations sexuelles avec l'adolescente mais il s'était enfui à la veille du prononcé du jugement.

Roman Polanski redoutait que le juge ne revienne sur un accord aux termes duquel il serait condamné aux 42 jours qu'il a déjà passés derrière les barreaux pour des expertises psychiatriques.

En outre, l'OFJ justifie sa décision par la protection de la bonne foi. "Plusieurs années se sont écoulées sans que les autorités américaines adressent à la Suisse de demande formelle d'extradition et les autorités suisses n'ont procédé à aucun contrôle à l'endroit du cinéaste à la suite de son inscription dans le registre suisse des signalements de personnes", explique l'office dans un communiqué.

"Roman Polanski ne se serait certainement pas rendu au Festival du film de Zurich en septembre 2009 s'il n'avait pas eu confiance dans le fait que ce voyage n'aurait pas de conséquences juridiques", ajoute l'OFJ.

Pascal Schmuck, édité par Jean-Philippe Lefief