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France et Etats-Unis au chevet de la centrale de Fukushima

La France et les Etats-Unis vont aider le Japon à contenir la radioactivité et à maîtriser la situation dans la centrale de Fukushima, laquelle a ajouté une catastrophe de plus au séisme et au tsunami du 11 mars, qui ont fait 27.500 morts ou disparus. /Ph

La France et les Etats-Unis vont aider le Japon à contenir la radioactivité et à maîtriser la situation dans la centrale de Fukushima, laquelle a ajouté une catastrophe de plus au séisme et au tsunami du 11 mars, qui ont fait 27.500 morts ou disparus. /Ph - -

par Yoko Kubota et Chisa Fujioka TOKYO (Reuters) - Les autorités japonaises ont fait état mercredi d'un niveau de radioactivité plus de 3.000 fois...

par Yoko Kubota et Chisa Fujioka

TOKYO (Reuters) - Les autorités japonaises ont fait état mercredi d'un niveau de radioactivité plus de 3.000 fois supérieur à la limite autorisée dans l'eau de mer au large de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima-Daiichi.

La France et les Etats-Unis vont aider le Japon à contenir la radioactivité et à maîtriser la situation dans cette centrale, laquelle a ajouté une catastrophe de plus au séisme et au tsunami du 11 mars, qui ont fait 27.500 morts ou disparus.

L'aide extérieure apparaît d'autant plus utile que mercredi, le gouvernement japonais reconnaissait ne pas être du tout en mesure de dire quand la situation sera maîtrisée à la centrale.

"Nous étudions diverses mesures, mais à ce stade, nous ne sommes pas en mesure de dire quand nous contrôlerons de nouveau la situation", a admis Yukio Edano, secrétaire général et porte-parole du gouvernement.

A ce stade, deux des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi - 5 et 6 - sont considérés comme maîtrisés par l'exploitant de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), mais les quatre autres sont instables. Les barres de combustible dans les réacteurs 1, 2 et 3 sont endommagées et des fuites sont hautement probables à travers leurs enceintes de confinement.

Le Premier ministre japonais Naoto Kan a eu mercredi une conversation téléphonique avec le président américain Barack Obama, et les deux hommes ont estimé qu'une coopération étroite entre leurs deux pays était capitale pour gérer la situation à Fukushima, rapporte l'agence de presse japonaise Jiji.

Le département américain de l'Energie envisage d'envoyer au Japon des robots, qui pourraient aller au plus près des coeurs des réacteurs et des piscines de combustible usé.

Obama a promis en outre une aide aux populations sinistrées, à la fois à court terme et sur le long terme.

RADIOACTIVITÉ FAIBLE DANS LES TUNNELS

Le président français Nicolas Sarkozy, qui dirige le G20 et le G8, compte se rendre à Tokyo jeudi. Il sera le premier dirigeant étranger en visite au Japon depuis la catastrophe. La France a dépêché d'ores et déjà au Japon deux experts - l'un du groupe nucléaire Areva et l'autre du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) - pour venir en aide à l'exploitant de la centrale, Tepco, vivement critiqué pour sa gestion de la crise.

Tepco, dont les dirigeants doivent tenir une conférence de presse ce mercredi à partir de 06h00 GMT, a annoncé que son PDG Masataka Shimizu, qui n'avait plus été vu en public depuis le 13 mars, avait été hospitalisé mardi pour hypertension et vertiges.

C'est désormais le président de Tepco, Tsunehisa Katsumata, qui est aux commandes.

Selon l'Agence de sûreté nucléaire et industrielle japonaise, l'eau de mer du Pacifique, près du réacteur n°1 de la centrale de Fukushima-Daiichi, contient 3.355 fois plus d'iode radioactif que la limite permise.

Hidehiko Nishiyama, directeur général adjoint de cette agence, a cependant minimisé les retombées potentielles de cette eau radioactive sur l'homme, dans la mesure où les habitants de la région ont été évacués et où il n'y a pas non plus d'activité de pêche dans le secteur.

"L'iode 131 a une demi-vie de huit jours, et même en prenant en compte sa concentration dans la vie marine, il se sera considérablement détérioré lorsqu'il atteindra des personnes", a dit Nishiyama au cours d'une conférence de presse.

L'agence a fait savoir d'autre part que la radioactivité de l'eau présente dans les tunnels sous la centrale était faible mais qu'il n'était pas prévu de l'évacuer dans la mer.

Concernant les efforts de reconstruction dans les zones sinistrées, le gouvernement japonais devrait présenter un premier collectif budgétaire d'un montant de 2.000 milliards de yens (24,3 milliards de dollars), croit savoir le journal Nikkei. Ce plan devrait être soumis en avril au parlement.

Eric Faye pour le service français

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