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San Bernardino: des télévisions américaines entrent dans l'appartement des tireurs

Les journalistes ont circuler dans l'appartement pendant une heure.

Les journalistes ont circuler dans l'appartement pendant une heure. - Robyn Beck - AFP

Plusieurs journalistes ont pu filmer l'intérieur de l'appartement de Syed Rizmwan Farook et Tashfeen Malik, les tireurs présumés de la fusillade à San Bernardino qui a fait 14 morts.

Des dizaines de journalistes se sont amassés ce vendredi devant un petit immeuble modeste de Redlands, situé dans le comté San Bernardino. Et pour cause, c'est là que vivaient Syed Rizmwan Farook et Tashfeen Malik, les deux tireurs présumés de la fusillade qui a fait 14 morts mercredi. Mais, alors que l'enquête vient d'être requalifiée en "acte de terrorisme", les médias ont réussi à pénétrer dans le logement. 

Il était 9h15, heure locale, quand Doyle Miller, le propriétaire de cet appartement, est arrivé et a fait sauter les scellés mis en place par les enquêteurs. Les chaînes de télévision, photographes et reporters ont pu s'engouffrer dans les lieux, se baladant de pièces en pièces, dévoilant le quotidien du couple. Certaines chaînes ont même lancé des directs, et ce pendant une heure.

Chambre d'enfants

Sur ces images, les téléspectateurs ont pu découvrir un appartement où s'entassaient des affaires banales. Un canapé, un tapis de course, des jouets pour enfant, mais aussi des photos de famille, qui pourrait être le premier portrait diffusé de Tashfeen Malik. Des reporters se sont attardés sur des affaires personnelles ou même des boîtes de conserve.

Certains journalistes sont également entrés dans la chambre de la petite fille du couple, montrant son berceau et ce qui semble être un tapis de prière. D'autres vont même jusqu'à filmer les courriers, allant jusqu'à fouiller dans les poubelles. A la fin, "c'est le chaos, ici", s'est exclamé Doyle Miller, le propriétaire, qui a assuré que ses locataires payaient régulièrement leur loyer.

Notes du FBI

Auparavant le logement avait été sécurisé par les policiers, alors que le couple est désormais soupçonné de terrorisme. Tous les objets ou preuves pouvant impliquer l'homme et la femme avaient été emportés par les enquêteurs. Sur les images, il est d'ailleurs possible de voir les notes laissées par le FBI au moment de la saisie, comme c'est la loi aux Etats-Unis.

Le FBI s'est défendu de toute négligence, affirmant avoir achevé en moins de 48 heures ses analyses scientifiques dans l'appartement situé à Redlands, non loin de San Bernardino où s'est déroulé la fusillade. 

Un propriétaire payé?

Quoiqu'il en soit, cette opération médiatique a suscité une vive controverse. "Une fois que nous rendons un endroit à ses occupants, ce n'est plus notre problème de savoir qui y rentre", a déclaré David Bowdich, un responsable du FBI de Los Angeles. Sur CNN, un expert a assuré n'avoir jamais assisté à un tel scénario choquant. Un autre spécialiste a évoqué "une connerie historique".

D'autant que selon MSNBC, un journaliste a versé 1.000 dollars au propriétaire pour qu'il ouvre la porte de l'appartement, et le reste des médias s'est engouffré à sa suite. Une hypothèse qui n'est pas sans rappeler l'affaire de la vente des images de vidéosurveillance du restaurant Casa Nostra à Paris.

J.C. avec AFP