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Quand Trump se faisait passer pour son porte-parole pour vanter ses exploits

Donald Trump, le 6 mai 2016.

Donald Trump, le 6 mai 2016. - Rob Kerr / AFP

Le Washington Post publie ce vendredi un enregistrement datant de 1991, dans lequel un homme qui se présente comme le chargé des relations publiques de Donald Trump parle presque exactement comme lui. Selon le quotidien, le milliardaire parlait fréquemment à des journalistes sous de faux noms dans les années 1970, 1980 et 1990. L'intéressé, lui, dément.

L'enregistrement date de 1991. D'un côté du combiné, une journaliste de People Magazine. A l'autre bout du fil, un certain "John Miller" affirme être le porte-parole de Donald Trump. "Je suis relativement nouveau ici", "je suis quelqu'un qu'il connaît et, je crois, en qui il a confiance et qu'il apprécie", explique-t-il. Mêmes intonations que Donald Trump, même accent du Queens et même ton confiant, voire arrogant, l'homme vante les exploits du magnat de l'immobilier. Avec force détails. 

Et pour cause: selon le Washington Post, qui diffuse ce jeudi cette conversation téléphonique de quelque 15 minutes, l'interlocuteur en question ne serait autre que Donald Trump en personne. Le quotidien américain affirme que le candidat républicain à la Maison Blanche aurait été coutumier de ce genre d'appels à des reporters sous les faux noms de "John Miller", "John Barron" ou "John Baron", dans les années 1970, 1980 et 1990.

"Des actrices l'appellent pour sortir avec lui"

Dans cet extrait, celui qui se présente comme le chargé des relations publiques de Donald Trump dresse un portrait extrêmement flatteur de l'homme d'affaires, alors âgé de 44 ans, en plein divorce et père de trois enfants. Sans oublier de se montrer parfois désobligeant envers les autres personnes dont il parle. 

"C'est un mec bien, qui ne ferait pas de mal à une mouche. Il s'est bien occupé de sa (première) femme (Ivana Trump) et il s'occupera bien également de Marla (Maples, qui deviendra sa deuxième épouse)", explique "John Miller" à propos de Donald Trump.

"C'est quelqu'un qui a beaucoup d'options. Tout le monde l'appelle. Tout le bottin l'appelle, en termes de femmes. Des actrices l'appellent pour voir si elles peuvent sortir avec lui, et autres", raconte-t-il encore.

"Madonna voulait sortir avec lui"

Interrogé par la journaliste Sue Carswell sur la place que pourrait avoir Carla Bruni dans sa vie, il répond: "Vous savez, elle est belle. Je l'ai vue une fois brièvement, elle est belle, etc. Mais je crois qu'il a un large champ de possibilités vraiment. Beaucoup de personnes sur lesquelles vous écrivez, elles appellent. Elles ne font qu'appeler".

Madonna "a appelé et voulait sortir avec lui, ça je peux vous le dire", poursuit-il, tout en assurant que Trump n'éprouve "zéro intérêt" pour elle. "Il vit avec Marla et il a trois autres copines", lance-t-il aussi.

S'agissant de la réussite de Donald Trump en affaires, il déclare: "Il commence à se porter extrêmement bien financièrement."

"Beaucoup de gens essaient d'imiter ma voix"

Le Washington Post indique avoir obtenu l'extrait via une personne à qui la journaliste avait fait entendre la bande juste après l'interview. De l'avis de plusieurs journalistes qui l'ont écoutée, la voix de "John Miller" présente des similitudes frappantes avec celle de Trump.

Questionné sur le sujet par NBC vendredi, Donald Trump a démenti s'être fait passer pour "John Miller" il y a 25 ans.

"Ce n'est pas moi au téléphone, on ne dirait pas ma voix", a assuré le milliardaire auprès de la chaîne. "Il y a beaucoup de gens qui essaient d'imiter ma voix, vous imaginez bien. Cela ressemble à une nouvelle arnaque."

Violette Robinet