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Michael Moore avait prédit la victoire de Trump et expliqué pourquoi

Le réalisateur Michael Moore, auteur d'un documentaire sur Donald Trump, le 18 octobre 2016 à New York.

Le réalisateur Michael Moore, auteur d'un documentaire sur Donald Trump, le 18 octobre 2016 à New York. - KENA BETANCUR / AFP

Le réalisateur Michael Moore avait prédit la victoire de Trump dès le mois de juillet dernier. Voici ses arguments.

En juillet dernier, le réalisateur américain Michael Moore a publié sur son site un texte détaillant les raisons pour lesquelles Donald Trump allait être élu président des Etats-Unis, contre tous les pronostics. Une publication qui apparaît aujourd'hui comme une prophétie, après la victoire du candidat républicain. Voici, à l'époque, les arguments qu'il avait avancés, pour prévenir cette victoire à laquelle personne, en dehors du clan Trump, ne voulait croire.

"Je suis désolé d'être le porteur de mauvaises nouvelles, mais je crois avoir été assez clair l'été dernier lorsque j'ai affirmé que Donald Trump serait le candidat républicain à la présidence des États-Unis. Cette fois, j'ai des nouvelles encore pires à vous annoncer: Donald J. Trump va remporter l'élection du mois de novembre", écrit Michael Moore dans cette tribune reprise sur le Huffington Post et traduite en français.

"Sortez de votre bulle"

"Ce clown à temps partiel et sociopathe à temps plein va devenir notre prochain président", prévient le réalisateur de Bowling for Columbine, dont le dernier documentaire, Michael Moore in Trumpland, porte précisément sur le Donald Trump. Dans son texte, il s'en prend tout d'abord à l'aveuglement de tous ceux qui ne croyaient pas à cette victoire. 

"Jamais de toute ma vie je n'ai autant voulu me tromper. Je vous observe attentivement en ce moment. Vous agitez la tête en disant: 'Non Mike, ça n'arrivera pas!'. Malheureusement, vous vivez dans une bulle. (...) Il est temps de sortir de votre bulle pour faire face à la réalité", développe Michael Moore, qui misait sur une démotivation de certains électeurs au profit de ceux soutenant Donald Trump.

Le rôle électoral du Midwest

Selon lui, cinq raisons allaient expliquer sa victoire. D'abord, le poids électoral du Midwest, composé d'"Etats traditionnellement démocrates" qui ont chacun élu un gouverneur républicain depuis 2010: le Michigan, l'Ohio, la Pennsylvanie et le Wisconsin.

De fait, ces Etats ont tous basculé en faveur de Trump, comme l'avait prédit Michael Moore. Dans le Michigan, il a obtenu la majorité avec 47,6%, dans l'Ohio il a rassemblé 52,1% des voix, 48,8% en Pennsylvanie, et enfin 48,6% dans le Wisconsin.

Les "hommes blancs en colère"

D'après le réalisateur, la victoire devait être remportée par Donald Trump en raison des réticences "des Hommes blancs en colère" à élire une femme, après huit ans de présidence Obama, et de "leur crainte du changement". "Nos 240 ans de domination masculine risquent de se terminer", ironise Michael Moore, qui pourrait avoir vu juste là aussi.

L'impopularité d'Hillary Clinton

Ensuite, l'impopularité d'Hillary Clinton aurait aussi joué en sa défaveur.

"Elle est très impopulaire. Près de 70% des électeurs la considèrent comme malhonnête ou peu fiable. Elle représente la vieille manière de faire de la politique, c'est-à-dire l'art de raconter n'importe quoi pour se faire élire, sans égard pour quelque principe que ce soit", écrit Michael Moore, qui pointe notamment un désamour des plus jeunes électeurs pour la candidate démocrate.

"L'élection repose sur les gens qui sortent de chez eux pour aller voter, et Trump dispose d'un net avantage à cet effet", estime-t-il. 

Le "vote déprimé" des partisans de Bernie Sanders

D'après lui, les partisans déçus de Bernie Sanders auraient pu voter pour Hillary Clinton, mais sans pour autant convaincre leurs proches d'en faire autant. "Si une alarme doit sonner, c'est à cause du 'vote déprimé'. En d'autres termes, le partisan moyen de Sanders qui fait l'effort d'aller voter ne fera pas l'effort de convaincre cinq autres personnes de faire de même", avançait Michael Moore, qui prévoyait beaucoup d'abstentionnistes chez les plus jeunes. 

Les mystères de l'isoloir

Enfin, le réalisateur identifiait un dernier point susceptible de favoriser Donald Trump: le caractère imprévisible du vote, ce moment unique où l'électeur peut choisir n'importe qui, même en dépit du bon sens.

"Ne sous-estimez pas la capacité des gens à se conduire comme des anarchistes malicieux lorsqu'ils se retrouvent seuls dans l'isoloir. Dans notre société, l'isoloir est l'un des derniers endroits dépourvus de caméras de sécurité, de micros, d'enfants, d'épouse, de patron et de policiers! Vous pouvez y rester aussi longtemps que vous le souhaitez, et personne ne peut vous obliger à y faire quoi que ce soit", écrit Michael Moore.

Et pour illustrer son propos, il évoque l'élection de Jesse Ventura, lutteur professionnel devenu gouverneur du Minnesota en 1998.

"Ils l'ont fait parce qu'ils le pouvaient. Élire Ventura a été leur manière de se moquer d'un système malade", conclut-il.

Charlie Vandekerkhove