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Climat, torture, Israël: Trump revient sur ses promesses de campagne

Le président élu des Etats-Unis a livré sa deuxième interview depuis son élection. Intraitable pendant sa campagne sur un certain nombre de sujets, Donald Trump semble depuis s'être adouci.

Certain y verront une bonne nouvelle, alors que Donald Trump dévoile son plan de route pour les quatre prochaines années. Dans sa seconde interview, accordée au New York Times, le président élu des Etats-Unis a abordé certains thèmes sur lesquels il s'était montré radical, voire provocateur, pendant sa campagne. Désormais, le magnat de l'immobilier opère un virage à 180 degrés sur ces questions. Pour le très sérieux journal américain, cet entretien a démontré "l'instabilité des positions de Donald Trump".

"Lors d'une interview d'une heure avec des journalistes et rédacteurs du New York Times - qui avait été programmée, annulée, reprogrammée après un désaccord sur les règles de l'interview - M. Trump a totalement assumé de trahir certaines conventions éthiques et politiques qui ont façonné la présidence américaine", écrit le journal.

> Hillary Clinton ne sera pas poursuivie

Donald Trump l'avait répété à plusieurs reprises lors de ses meetings de campagne: s'il était élu, sa rivale démocrate Hillary Clinton aurait à répondre devant la justice notamment dans l'affaire des emails. Il menaçait alors l'ancienne secrétaire d'Etat de l'envoyer en prison. Deux semaines après son élection, le républicain a changé d'avis.

"Ce n'est tout simplement pas quelque chose que je sens. Je ne veux pas blesser les Clinton", explique-t-il désormais. "Je ne veux pas. Elle a déjà beaucoup souffert." Donald Trump, qui estime que des poursuites "diviseraient énormément le pays", va jusqu'à saluer "le bon travail" de la fondation Clinton.

> L'impact de l'homme sur le réchauffement climatique

La question était au cœur des débats lors de la Cop22 qui s'est tenue à Marrakech, au Maroc, ce mois de novembre. "On a appelé ça le réchauffement de la planète, le changement climatique, maintenant ils appellent ça une météo extrême, c'est nouveau, car la météo semble être un peu plus extrême", assurait-il alors que les Etats-Unis sont le deuxième plus gros pollueur de la Terre. Il parlait même alors de "canular" inventé par les Chinois.

Depuis septembre et ces déclarations, Donald Trump semble s'être renseigné sur la question. Alors non, il ne reviendra pas sur l'accord sur le Climat conclu à Paris l'an dernier. "Je pense qu'il y a un lien (entre le réchauffement et les activités humaines, Ndlr) (...) Je regarde ça de très près. Je reste ouvert sur cette question", explique-t-il aujourd'hui.

> L'abandon de la restauration de la torture

Lors de sa campagne, Donald Trump se disait favorable aux techniques d'interrogatoire faisant appel à de la torture, estimant que les terroristes de Daesh faisait bien pire, par exemple. "La simulation de noyade, c'est de la gnognotte par rapport à ce qu'ils nous font subir", estimait le républicain.

Là encore, le président élu s'adoucit (sur les conseils de son entourage). Donald Trump a assuré qu'il réfléchissait "très sérieusement" à nommer à la tête du Pentagone James N. Mattis, un général des Marines à la retraite. "Il a dit qu'il ne n'avait jamais trouvé ça utile", a -t-il rapporté, confiant avoir été "très impressionné" quand le militaire lui a expliqué qu'"un paquet de cigarettes et deux bières" suffiraient à faire parler les suspects plutôt que la torture.

> Il se voit sauveur du Moyen-Orient

Donald Trump avait soulevé la colère des Palestiniens en proposant, pendant sa campagne, de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël. "Personne n'est plus pro-Israël que moi", lançait-il alors qu'il prévoyait de déménager l'ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. "Israël est la seule véritable démocratie et défenseur des droits de l'homme au Moyen-Orient et un phare d'espoir pour d'innombrables personnes", renchérissait-il.

Finalement, le président élu se sent plus l'âme d'un Bill Clinton qui avait favorisé la signature des accords d'Oslo en 1993. "J'aimerais être capable d'être celui qui fera la paix entre Israël et les Palestiniens", lance le magnat de l'immobilier au New York Times

> Sa gêne vis-à-vis des groupes néonazis

Samedi dernier, 200 personnes ont participé à un rassemblement d'extrême droite où des militants ont salué la victoire de Donald Trump à leur manière: à l'issue d'un discours sur le nationalisme blanc, ils ont scandé des "Heil Trump" en faisant des saluts nazis. Des pratiques qui n'ont pas été commentées par le principal intéressé.

Interrogé sur cette question, Donald Trump s'est montré plus tranchant. "Je les désavoue et je les condamne", assure-t-il.

Justine Chevalier