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Charleston: le drapeau confédéré ravive les tensions aux Etats-Unis

La tuerie perpétuée par Dylann Roof à Charleston a ravivé la polémique sur le drapeau confédéré. Symbole de fierté et de liberté pour les uns, du racisme et de la théorie de la suprématie blanche pour les autres, il est encore présent dans plusieurs états du Sud.

"Descendez-le!" a scandé une foule jeune et métissée, samedi, devant le parlement local à Columbia, capitale de la Caroline du Sud. L'objet de la fureur des milliers de manifestants rassemblés le lendemain de la tuerie de Dylann Roof à Charleston, le drapeau confédéré. Si le drapeau américain a été mis en berne dans l'Etat après le drame, ce n'est pas le cas du drapeau confédéré, qui flotte tout près du capitole, sur un monument en l'honneur des soldats confédérés.

Pourquoi? Tout simplement parce que Nikki Haley, la gouverneure de Caroline du Sud, n'a pas ce pouvoir. Une règle, inscrite sur le monument où le drapeau est planté stipule "ce drapeau doit flotter à trois mètres de la base du monument et à une hauteur de 10 mètres". Pour modifier cela, il faudrait que les deux tiers de l'Assemblée votent pour.

Un drapeau implanté dans cinq Etats du sud

Comment un drapeau, qui représente une confédération abolie en 1865, peut-il être si protégé? La question divise. Lors d'un sondage publié dans l'Etat en 2014, trois habitants blancs sur quatre considéraient que le drapeau devait continuer de flotter près du Capitole, tandis que 61% des Noirs demandaient l'inverse.

La Caroline du Sud n'est pas le seul Etat où le drapeau confédéré est protégé. Dans cinq états du Sud -la Floride, le Mississippi, la Georgie, la Louisiane et la Caroline du Sud- la profanation de ce drapeau est interdite par la loi. Sur le drapeau du Mississippi, la croix sudiste est représentée. En 2001, le gouverneur démocrate de l'époque, soutenu par l'acteur Morgan Freeman, avait proposé un référendum pour changer de drapeau. Le constat a été sans appel: 65% des habitants ont voulu conserver ce drapeau, "qui a toujours représenté le Mississippi", selon ses partisans.

Pour Obama, sa place est au musée

Au Texas, la Cour suprême a statué en mars dernier sur le différent qui opposait l'association des Fils des anciens combattants confédérés, fondée en 1896, aux autorités du Texas: le drapeau confédéré est maintenant interdit sur les plaques d'immatriculation. Les membres de l'association estiment que l'interdiction relève d'une atteinte à leurs droits constitutionnels, puisqu'ils considèrent que le drapeau confédéré appartient à l'histoire américaine. Ils doivent maintenant se contenter d'un autocollant sur leur pare-brise pour afficher leur attachement au drapeau.

En Californie, le drapeau ne peut plus être vendu ou hissé par les autorités depuis janvier 2015, en vertu d'une loi initiée par un député noir. Il s'est engagé dans ce projet de loi lorsque sa mère lui a rapporté qu'elle avait vu ces drapeaux en vente dans la boutique officielle du parlement local.

Chez les politiques, certaines voix commencent à se lever contre ce drapeau. Chez les démocrates, comme chez les républicains. Pour le président Obama, "le drapeau confédéré appartient au musée". De son côté, Mitt Romney, ancien candidat républicain à la Maison Blanche, a demandé à ce que le drapeau soit retiré, car, pour beaucoup, "c'est un symbole de la haine raciale". "Bonne remarque, Mitt", lui a répondu Barack Obama.

G.E.