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Lac-Mégantic: le conducteur mis en cause, 20 morts

L'explosion du convoi a causé d'important dégâts et fait 15 morts à Lac-Mégantic.

L'explosion du convoi a causé d'important dégâts et fait 15 morts à Lac-Mégantic. - -

Le président de la MMA, compagnie ferroviaire en charge du convoi qui a déraillé à Lac-Mégantic, a reconnu les responsabilités de son entreprise dans le drame qui a fait 20 morts.

Les freins du convoi ferroviaire dont l'accident et l'explosion ont fait 20 morts ce samedi à Lac-Mégantic étaient-ils bien réglés? Un employé de la compagnie ferroviaire est-ils à l'origine du drame? C'est ce que semble affirmer Edward Burkhardt, président de la MMA (Montreal, Maine and Atlantic Railway).

"Les freins manuels n'ont pas été appliqués de façon adéquate sur ce train et il était de la responsabilité de l'employé de le faire", a-t-il indiqué à la presse alors qu'il se trouvait ce mercredi sur les lieux de l'accident.

La MMA, compagnie ferroviaire en charge du convoi, avait rejeté mardi toute responsabilité dans le drame, pointant du doigt les pompiers qui avaient dû éteindre un incendie sur l'une des cinq locomotives, vendredi soir vers 23h50. Ils auraient alors coupé les moteurs, provoquant la désactivation des freins pneumatiques.

Une heure après cette intervention, le train, arrêté pour se remettait à rouler tout seul, accélérant dans la pente menant à Lac-Mégantic où il a déraillé, provoquant une explosion.

> Le conducteur mis en cause et suspendu

Edward Burkhardt a nuancé ses propos ce mercredi en disant qu'il s'agissait "d'un facteur important dans ce qui a causé toute cette affaire".

"Le fait que lorsque les freins pneumatiques ont été désactivés, le train s'est élancé tend à montrer que les freins mécaniques n'avaient pas été préalablement serrés", a-t-il ensuite indiqué, mettant en cause la responsabilité de sa compagnie. Les freins mécaniques auraient dû être activés par le conducteur lui-même. "Il nous a dit qu'il avait serré les freins mécaniques sur 11 wagons. Nous avons le sentiment que ce n'est pas vrai, alors que nous l'avions d'abord cru sur parole."

L'employé en question a été suspendu sans solde et pourrait être formellement accusé, a-t-il indiqué. "Je peux conclure que les freins n'étaient pas appliqués sans quoi il n'y aurait pas eu d'accident", a affirmé le patron de la MMA, cité par Radio Canada.

> Nouveau bilan: 20 morts et 30 disparus

La police québécoise a annoncé ce mercredi que le bilan précédent de 15 morts était revu à la hausse. La catastrophe aurait fait 50 victimes dont 20 corps ont été retrouvés. Trente personnes sont toujours portées disparues mais elles sont probablement décédées a annoncé la Sûreté du Québec, selon Radio Canada.

Les personnes évacuées ne pourront sans doute pas regagné leur foyer immédiatement, le périmètre de sécurité restant pour l'instant fermé, "pour des raisons de sécurité et d'enquête", ont indiqué les autorités.

> Colère des riverains

Lors de la visite d'Edward Burkhardt, ce mercredi, des riverains de Lac-Méganic l'ont pris à parti et conspué pour ces déclarations. Il a été protégé par un cordon de policiers qui ont empêché les voisins d'approcher. Plusieurs lui ont lancé des insultes, lui reprochant de ne pas s'être déplacé sur les lieux du drame avant.

"Je comprends que les citoyens soient en colère", a-t-il déclaré selon des propos rapportés par La Presse.ca. "Je suis dévasté par ce qui est arrivé. Au-delà de ça je ne sais pas quoi dire."

> 60 millions de dollars d'aide

Le gouvernement québécois a annoncé le déblocage de 60 millions de dollars canadiens (45 millions d'euros) pour venir en aide à la communauté touchée par le drame. Les familles touchées par l'explosion auront d'abord droit à un versement de 1000 dollars pour les biens de première nécessité puis les sommes pourront atteindre 200.000 dollars par foyer pour les plus touchés, explique Le Journal du Québec.

Une cellule psychologique doit également être mise en place pour les victimes, les riverains et l'ensemble des personnes qui travaillent sur les lieux du sinistre. "Des intervenants de toutes les régions du Québec ont été mobilisés afin d’offrir des soins 24 heures sur 24", précise Le Journal du Québec.

Enfin, les drapeaux du Québec seront mis en berne sur les bâtiments officiels à partir de jeudi et ce pour une semaine, a annoncé le Premier ministre de la province, Pauline Marois. "Je peux vous dire qu'en plus de notre profonde tristesse, nous éprouvons un sentiment de colère bien légitime", a-t-elle déclaré. "Jamais un tel événement n'aurait dû se produire. Les questions sont nombreuses et toutes les réponses devront nous être données."

V.D.