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Colombie: l'ex-numéro deux des FARC Ivan Marquez annonce qu'il reprend la lutte armée

Drapeau colombien

Drapeau colombien - Raul ARBOLEDA / AFP

Dans une vidéo, l'ex-numéro deux du groupe armé colombien annonce qu'il reprend la lutte armée, aux côtés d'autres chefs rebelles qui ont dénoncé les accords de paix de 2016.

L'ex-numéro deux du groupe armé colombien FARC, Ivan Marquez, entré dans la clandestinité depuis un an, a annoncé ce jeudi dans une vidéo qu'il reprenait les armes aux côtés d'autres chefs rebelles qui ont dénoncé les accords de paix signés en Colombie en 2016.

"Nous annonçons au monde qu'a commencé le second Marquetalia (berceau historique de la rébellion des années soixante, ndlr) au nom du droit universel des peuples à se lever en armes face à l'oppression", affirme dans cette vidéo Ivan Marquez. On l'y voit vêtu d'un treillis vert, aux côtés notamment de Jesus Santrich, autre ex-leader des FARC dissoutes.

"Trahison par l'État des accords de paix"

Depuis la forêt du sud-est de la Colombie, Ivan Marquez annonce "la poursuite des opérations de guérilla en réponse à la trahison par l'État des accords de paix de la Havane" qui avait conduit au désarmement en 2017 de quelque 7000 combattants hommes et femmes des FARC.

Le commandant Marquez avait été le chef de la délégation des FARC aux négociations de paix menées à Cuba de septembre 2012 à l'été 2016 avec le gouvernement du président (2010-2018) de Juan Manuel Santos. 

Après la signature de l'accord de paix, les FARC s'étaient transformées en parti politique, des centaines de rebelles se plaçant toutefois progressivement en marge du processus visant à mettre fin à un demi-siècle de conflit armé. 

"Fourberie, duplicité, perfidie"

Aux côtés d'Ivan Marquez, un autre négociateur de La Havane, Jesus Santrich, recherché par la justice américaine pour trafic de drogue et passé à la clandestinité il y a trois mois, et Hernan Dario Velasquez, alias El Paisa, un autre ex-leader des FARC, apparaissent armés avec d'autres militants, devant une pancarte affichant le sigle FARC-EP (Forces armées révolutionnaires de Colombie - Armée du peuple).

"La fourberie, la duplicité et la perfidie, la modification unilatérale du texte de l'accord, la non-application de ses engagements de la part de l'État, les montages judiciaires et l'insécurité nous obligent à reprendre le maquis", affirme Ivan Marquez dans cette vidéo de 32 minutes.

"Nous n'avons jamais été vaincus, ni défaits idéologiquement, c'est pour cela que la lutte continue", ajoute-t-il en soulignant que ce nouveau groupe armé cherchera à se coordonner avec l'ELN, la deuxième guérilla colombienne, toujours en activité.

Jules Pecnard avec AFP