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Allemagne: 1 mort et 3 blessés dans une attaque au couteau

Des policiers allemands. (Photo d'illustration)

Des policiers allemands. (Photo d'illustration) - CHRISTOF STACHE / AFP

Un homme a été tué et trois personnes blessées mardi matin dans le sud de l'Allemagne lors d'une attaque au couteau. Le mobile islamiste, un temps évoqué, paraît écarté.

Les autorités allemandes privilégient la piste de l'acte d'un déséquilibré après une agression mardi matin au couteau qui a fait un mort et trois blessés dans le sud du pays, le mobile islamiste, un temps évoqué, paraissant écarté.

L'agresseur a été décrit par la police comme un Allemand de 27 ans souffrant de problèmes psychologiques, au chômage et vivant de l'aide social depuis deux ans.

"Nous n'avons jusqu'ici aucune indication qu'il puisse y avoir un complice. Nous n'avons aucune indication qu'il ait pu appartenir à un réseau islamiste", a indiqué Petra Sandles, de la police judiciaire de Bavière lors d'une conférence de presse convoquée après les faits survenus dans la localité de Grafing, près de Munich.

Il reconnaît avoir crié "Allah akbar"

Selon la police, l'homme a reconnu avoir crié "Dieu est grand" en arabe (Allah akbar) et "Vous, les mécréants, vous devez mourir" lors des agressions. Mais il "a donné lors de l'interrogatoire une impression de confusion", a-t-elle souligné.

"Tout cela ne colle pas vraiment et il y a des interrogations sur l'accessibilité à une sanction pénale (du suspect)", a indiqué Ken Heidenreich du parquet de Munich, en ajoutant que ses services devraient désormais décider de demander "un mandat de dépôt ou un internement dans un hôpital psychiatrique".

La police a indiqué n'avoir aucune indication sur une radicalisation islamiste récente de l'individu. Aucun document en ce sens n'a été retrouvé sur lui, dans son téléphone ou son ordinateur. Ses cibles, quatre hommes dans et aux abords de la gare de Grafing, ont par ailleurs été choisies "au hasard", selon Petra Sandles. 

"C'est un psychopathe complètement givré", a lâché un inspecteur sous couvert de l'anonymat, interrogé par l'AFP.

"Problèmes psychiques et de drogues"

Le parquet local a, un temps, donné corps à l'éventualité d'une piste terroriste en mettant en avant dans la matinée une possible motivation islamiste de l'agresseur, avant de revenir dessus dans l'après-midi après les premiers interrogatoires du suspect. Les autorités locales ont alors évoqué des "problèmes psychiques et de drogues" du suspect, arrêté sur les lieux de l'agression.

L'assaillant s'était déjà fait remarquer de la police quelques jours plus tôt par son comportement étrange dans une autre région d'Allemagne. Il avait été vu à cette occasion par un psychiatre, selon les enquêteurs. Le suspect a agressé à l'aube vers 5 heures quatre hommes, le premier dans un train, le second sur le quai de la gare de S-Bahn (train interurbains) de Grafing, puis les deux derniers à l'extérieur de cette station, selon la police.

Un homme de 56 ans est décédé de ses blessures. Les blessés sont âgés de 58, 43 et 55 ans.

"Que cela arrive ici, c'est totalement incroyable (...) nous sommes une petite ville paisible bavaroise de la région de Munich", a dit à l'agence DPA la maire de la bourgade de 13.000 habitants, Angelika Obermayr.

Série d'attaques au couteau

Cette agression spectaculaire intervient après que des attaques au couteau et aux motivations islamistes ont choqué l'Allemagne ces derniers mois. Fin mars une adolescente de 15 ans, ressortissante germano-marocaine, a gravement blessé un agent dans la gare de Hanovre (nord) à l'occasion d'un contrôle de routine. Selon les médias allemands, elle a séjourné à la frontière turco-syrienne avant que sa mère, inquiète de sa radicalisation, ne vienne la chercher sur place et la ramener en Allemagne.

En septembre 2015, un Irakien de 41 ans, en liberté conditionnelle après avoir purgé une peine pour appartenance à une organisation "terroriste" et un projet d'attentat contre un Premier ministre irakien en 2004, a été tué par la police après avoir blessé une policière à Berlin. Là aussi, l'arme utilisée par l'agresseur, Rafik Youssef, était un couteau.

L'Allemagne n'a jusqu'à présent pas été touchée par une attaque jihadiste d'ampleur, contrairement à ses voisins français et belge.

Mais en août 2015, deux combattants germanophones revendiquant leur appartenance au groupe jihadiste Daesh (l'acronyme en arabe de l'Etat islamique) en Syrie ont menacé le pays et la chancelière Angela Merkel. Ils appelaient dans une vidéo leurs "frères et soeurs" à commettre des attentats solitaires, "au couteau" par exemple, contre les "mécréants".

A.M avec AFP