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Algérie : « Les preneurs d’otage toujours menaçants », selon Cameron

L'assaut, qui a duré toute la journée de jeudi, a fait au moins 30 morts parmi les otages et 11 parmi les djihadistes

L'assaut, qui a duré toute la journée de jeudi, a fait au moins 30 morts parmi les otages et 11 parmi les djihadistes - -

L’opération se poursuit sur le site gazier en Algérie, alors que Jean-Marc Ayrault a confirmé la mort de plusieurs otages. Un Français aurait été tué, alors que deux autres auraient échappé aux djihadistes, selon Manuel Valls. Un autre Français, tué, figurait parmi les preneurs d'otages.

Ils se sont finalement décidés à donner l’assaut. Jeudi matin, les forces spéciales algériennes ont attaqué le site gazier d’In Amenas, à Tiguentourine, dans l’est du pays, tenu par un groupe islamiste. Retrouvez ici toutes les informations en temps réel sur la prise d'otages.
Selon une source de sécurité algérienne, trente otages, dont au moins sept ressortissants étrangers parmi lesquels un Français, ont été tués lors de l'assaut. Huit Algériens, deux Japonais, deux Britanniques et un Français figurent parmi les otages tués, la nationalité des autres victimes dans les rangs des otages n’étant pas claire pour le moment. D’autres ont eu plus de chances. Manuel Valls a laissé entendre ce vendredi matin qu'au moins deux français avaient échappé aux djihadistes. « Il y avait très peu de français sur cette base particulièrement étendue, à 1 600 km au sud d'Alger », a déclaré le ministre de l'Intérieur. « Nous avons des nouvelles de deux d'entre eux qui sont revenus. Pour ce qui concerne les deux autres, s'il y en avait deux autres, nous n'avons pas à ce stade plus d'informations. Nous espérons en avoir dans la matinée », a-t-il ajouté. Au total, il resterait encore 22 otages étrangers. Un avion américain s'est posé vendredi sur l'aéroport d'In Amenas, dans l'est de l'Algérie, en vue de l'évacuation des ressortissants des Etats-Unis après la prise d'otages sur le site gazier voisin, a-t-on appris de source locale.

Situation « mouvante et dangereuse »

Jean-Marc Ayrault, le Premier ministre, a confirmé lors de ses vœux à la presse le décès de « plusieurs otages » en Algérie, mais affirme ne pas avoir de précision sur le nombre et la nationalité des victimes. Par ailleurs, Jean-Marc Ayrault confirme que l’opération se poursuit ce vendredi. « Je viens à l'instant de m'entretenir avec le Premier ministre algérien, qui m'a confirmé que l'opération se poursuivait ». Par ailleurs, Paris n'a pas été averti de l'assaut, selon une source gouvernementale. « Nous avons appris comme vous ce qui s'est passé », a-t-il affirmé.
L'information a aussi été confirmée par David Cameron, « le Premier ministre britannique » qui affirme que les preneurs d'otages sont toujours menaçants sur une partie du site, où la situation reste « mouvante et dangereuse ». « Une partie des terroristes a été éliminée dans un secteur du site, mais certains représentent toujours une menace dans une autre zone », a déclaré le leader conservateur au parlement. Le gouvernement britannique, a-t-il souligné, est « déçu » que les autorités algériennes ne l'ai par informé au préalable de l'assaut lancé jeudi.

Un Français parmi les djihadistes

Les Français ne figurent pas seulement dans les rangs des otages. D'après une source de la sécurité algérienne, sur les onze djihadistes tués lors de l’opération, il y aurait un ressortissant français. Parmi les autres morts figurent aussi deux Algériens, dont le chef du commando djihadiste Tahar ben Chened, de même que trois Egyptiens, deux Tunisiens, deux Libyens et un Malien.

Les ravisseurs prêts à quitter le pays

Alger, affirment les autorités, n’avait pas d’autre choix que d’aller à l’affrontement. Les ravisseurs voulaient quitter le pays avec leurs otages, ce que les autorités algériennes ont refusé d’après le ministre algérien de la Communication Mohamed Saïd. « Quand le groupe terroriste a insisté pour quitter le site, et emmener avec lui les otages étrangers dans les pays voisins, l'ordre a été émis aux unités spéciales d'attaquer la position où les terroristes étaient retranchés », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, 600 employés algériens auraient été libérés. La compagnie pétrolière norvégienne Statoil annonce aussi qu'un de ses employés du site vient d'être mis en lieu sûr, mais elle ignore toujours le sort de huit autres. La firme a évacué 40 membres de son personnel après l'attaque du site par des extrémistes islamistes qui en ont pris douze autres en otages. 

Un Français rescapé témoigne

« Cela tirait beaucoup par séquences » a témoigné vendredi matin un ressortissant français, resté caché sous son lit pendant 40 heures et rescapé de la prise d'otages. « Il y a des terroristes qui sont morts, des expatriés, des locaux ». Lors de la prise d'otages mercredi matin, « j'ai entendu énormément de coups de feu. L'alarme qui nous dit de rester au lieu où nous sommes était en route. Je ne savais pas si c'était un exercice ou si c'était vrai », a-t-il relaté.
« Personne ne s'y attendait. Le site était protégé. Il y a des forces militaires sur place ». « Je suis resté caché pendant presque 40 heures dans ma chambre. J'étais sous le lit, j'ai mis des planches un peu partout au cas où. J'avais un peu de nourriture, un peu à boire, je ne savais pas combien de temps cela allait durer », a ajouté le ressortissant français, qui pense avoir été sauvé par des militaires algériens. « C'était des militaires habillés en vert. Je pense que c'était des militaires algériens », a-t-il dit, encore sous le choc. « Ils étaient avec des collègues, c'est comme cela que j'ai reconnu sinon je n'aurais jamais ouvert », a ajouté ce témoin « J'avais l'information qu'il y avait un blessé dans la réserve du restaurant hier matin. On a d'abord trouvé trois Anglais qui étaient cachés dans le faux plafond, plus cette personne blessée, partie directement à l'hôpital », a-t-il ajouté.

Mathias Chaillot avec Reuters