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Tunisie: l'opposition rejette la proposition de sortie de crise d'Ennahda

Des militants anti-Ennahda, le 13 août 2013, à Tunis.

Des militants anti-Ennahda, le 13 août 2013, à Tunis. - -

Les opposants à Ennahda ont rejeté l'offre de sortie de crise proposée par les islamistes. A partir de samedi, des manifestations pacifiques vont tenter de provoquer le départ du gouvernement au pouvoir.

L'hétéroclite coalition d'opposition tunisienne a indiqué vendredi rejeter les propositions de sortie de crise du parti islamiste au pouvoir Ennahda, qui a évoqué une possible démission de son gouvernement à l'issue de négociations.

"Toute négociation sans dissolution (immédiate) du gouvernement serait une perte de temps", a jugé Taïeb Baccouche, un des représentants de l'opposition, après avoir reçu du syndicat UGTT, médiateur dans la crise politique, les concessions d'Ennahda.

"Double langage"

Jilani Hammami, un autre représentant du Front de salut national (FSN), l'hétéroclite coalition d'opposition, a qualifié de "double langage" la proposition des islamistes dont les détails n'ont pas été communiqués à la presse.

Ennahda avait admis jeudi pour la première fois la possibilité d'une démission du gouvernement d'Ali Larayedh à l'issue d'un "dialogue national" dégageant une solution consensuelle à la crise politique, tout en soulignant que le cabinet resterait en place dans l'intervalle.

"Nous allons maintenir la pression pour obtenir la dissolution du gouvernement, nous avons un plan pour augmenter la mobilisation sur le terrain à partir du 24 août", a dit Jilani Hammami.

Une "semaine du départ" dès samedi

Les opposants prévoient toujours une "semaine du départ" à compter de samedi pour tenter d'arracher, via des manifestations pacifiques, le départ du gouvernement et la mise en place d'un cabinet apolitique de salut national.

Le premier grand rassemblement est prévu samedi à partir de 17 heures GMT (18 heures locales) face à l'Assemblée nationale constituante, où depuis près d'un mois manifestants et députés d'opposition observent un sit-in. Les 6 et 13 août, des dizaines de milliers de personnes avaient déjà manifesté à cet endroit.