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Tunisie: attaques jihadistes sanglantes et "sans précédent" près de la Libye

Près de 50 personnes ont été tuées, dont 28 terroristes, ce lundi, dans une attaque jihadiste "coordonnée" à Ben Guerdane, en Tunisie, près de la frontière libyenne.

Près de 50 personnes ont été tuées, dont 28 terroristes, ce lundi, dans une attaque jihadiste "coordonnée" à Ben Guerdane, en Tunisie, près de la frontière libyenne. - BFMTV

La Tunisie a subi lundi des attaques simultanées "sans précédent" dans une région voisine de la Libye, lors desquelles au moins 28 jihadistes, 10 membres des forces de l'ordre et sept civils ont été tués.

Près de cinquante morts. Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a condamné une attaque jihadiste "sans précédent" et "coordonnée" à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, affirmant qu'elle avait "peut-être pour but de contrôler" cette région et de "proclamer une nouvelle province" aux mains de groupes extrémistes.

Déjà frappée en 2015 par des attentats sanglants, la Tunisie a annoncé la fermeture des postes frontaliers et le renforcement des patrouilles terrestres et aériennes à sa frontière avec la Libye, où le chaos profite notamment au groupe jihadiste Etat islamique (EI). 

Identité des jihadistes pas encore connue

Perpétrées à l'aube, ces attaques ont visé une caserne de l'armée, un poste de police et un poste de la garde nationale (gendarmerie) tunisiennes à Ben Guerdane, localité de 60.000 habitants à une poignée de kilomètres du territoire libyen.

 Dans un bilan encore provisoire, les ministères de la Défense et de l'Intérieur ont indiqué que 28 jihadistes, six gendarmes, deux policiers, un douanier et un soldat avaient péri dans les affrontements. Au moins sept civils ont également tués dans des circonstances non précisées. Le nombre total de jihadistes impliqués n'est pas connu, pas plus que leur identité, mais les autorités ont souligné que des opérations étaient toujours "en cours pour les pourchasser". 

"Selon les témoins, les corps des terroristes jonchaient les rues. L'hôpital de Ben Guerdane est submergé, actuellement, par le nombre de blessés par balles", a raconté Mohamed Haddad, le correspondant de BFMTV en Tunisie, ce lundi après-midi sur notre antenne.

"Les Tunisiens en guerre contre cette barbarie"

"Les Tunisiens sont en guerre contre cette barbarie et ces rats que nous allons exterminer (...) définitivement", a ajouté Béji Caïd Essebsi dans des propos retransmis par la télévision publique ce lundi.

Un couvre-feu a été instauré à Ben Guerdane de 19h à 5h locales (même fuseau horaire qu'en France), et le Premier ministre Habib Essid a appelé les habitants à la "vigilance". Les établissements publics sont restés fermés, d'après des témoins. Les forces de l'ordre patrouillaient dans les rues et incitaient par haut-parleur les citoyens à rester chez eux. Des soldats montaient la garde du haut de certains toits.

La Tunisie est confrontée depuis sa révolution de 2011 à l'essor d'une mouvance jihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de soldats ainsi que de touristes.

A.-F. L. et C. P. avec AFP