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La Tunisienne Amina quitte les Femen qu'elle juge "islamophobes"

En février, Amina Sboui avait posé seins nus sur le réseau social Facebook, proclamant "fuck your morals".

En février, Amina Sboui avait posé seins nus sur le réseau social Facebook, proclamant "fuck your morals". - -

La première Femen tunisienne, qui s'était notamment attirée les foudres de la mouvance salafiste pour avoir posé seins nus sur Facebook, a indiqué mardi qu'elle claquait la porte la porte du mouvement féministe.

Elle avait passé deux mois et demi de détention provisoire pour avoir tagué, mi-mai, le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière de Kairouan. Mardi, la Tunisienne Amina Sboui a néanmoins pris la décision de claquer la porte de ce groupe féministe, qu'elle accuse d'"islamophobie".

En cause, deux actions menées par des Femen françaises lorsqu'elle se trouvait en prison, au début de l'été. "Je n'ai pas apprécié que des filles crient 'Amina akbar, Femen akbar' (une parodie de prière, ndr) devant l'ambassade de Tunisie en France, ou quand elles ont brûlé le drapeau du Tawhid (le dogme fondamental de l'islam) devant la mosquée de Paris", se justifie-t-elle dans l'édition du Maghreb du Huffington Post.

"Respecter la religion de chacun"

"Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun", a poursuivi la lycéenne, qui s'était rendue célèbre en posant seins nus sur Facebook, lui valant les menaces de la mouvance salafiste. Le 15 août dernier, elle avait d'ailleurs récidivé en posant dénudée... et cocktail molotov à la main.

La lycéenne de 18 ans a également critiqué l'opacité de financement de l'organisation Femen, connue pour ses actions "seins nus" en soutien aux droits des femmes et contre les dictatures. "Je ne connais pas les sources de financement. Je l'ai demandé plusieurs fois à Inna (Shevchenko, la leader ukrainienne du mouvement), mais je n'ai pas eu de réponses claires. (...) Et si c'était Israël qui finançait?", s'interroge-t-elle. Elle se déclare désormais "anarchiste".

"Elle a trahi des milliers de femmes"

Sur son compte Twitter, Inna Shevchenko a dénoncé une "trahison". "Amina n'a pas trahi Femen, mais des milliers de femmes qui ont agi pour sa libération durant la campagne 'Free Amina'", a-t-elle fustigé. Elle indique par ailleurs déplorer que la décision de la jeune femme "soit une bonne chose pour les islamistes".

Amina betrayed not FEMEN but thousands of women who acted for her freedom during "Free Amina campaign" and because of who she is free now
— inna shevchenko (@femeninna) August 20, 2013

Car les Femen avaient organisé une campagne mondiale de soutien à Amina et multiplié les actions "seins nus" au printemps et durant l'été. Trois militantes européennes avaient même passé un mois en prison à Tunis pour avoir manifesté poitrine dénudée.

"Il y a eu de bonnes actions, mais pas toutes, se défend Amina. Elles auraient dû se renseigner auprès de mes avocats avant de faire certaines actions. Cela a aggravé mon cas." La jeune femme est encore dans l'attente de son procès pour profanation de sépulture.

M. T. avec AFP