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L'imam de Drancy dit avoir été agressé en Tunisie

L'imam est réguilèrement l'objet de menaces.

L'imam est réguilèrement l'objet de menaces. - -

Hassen Chalghoumi a déclaré avoir été agressé près de Tunis. Selon lui, son assaillant lui reprochait sa trop grande proximité avec la communauté juive.

"Il m'a insulté, m'a traité de 'sioniste', de 'collaborateur'." L'imam de Drancy (Seine-Saint-Denis), Hassen Chalghoumi, a affirmé dimanche soir avoir été agressé, avec sa famille, près de Tunis. Selon ses dires, il aurait été violemment frappé et insulté en raison de sa proximité avec la communauté juive.

L'imam a expliqué que son agresseur l'aurait suivi alors qu'il regagnait dimanche, avec son épouse et deux de leurs enfants, leur hôtel à Gammarth, en Tunisie, où ils passent leurs vacances. L’agresseur l’aurait alors frappé d’un coup de poing dans le cœur, et mis à terre "en quelques secondes". L’assaillant, qui parlait en français, aurait également frappé la femme et les enfants de Hassen Chalghoumi, avant d’être maîtrisé par le service de sécurité de l'hôtel puis interpellé par des policiers.

Un imam déjà menacé à plusieurs reprises

"C'est un vrai choc", a expliqué l'imam, régulièrement la cible de violentes critiques, relayées sur internet. Ses prises de positions contre la burqa et contre les manifestations pro-palestiniennes, mais aussi ses rapports d'amitié avec la communauté juive lui sont parfois reprochés par des intégristes.

Très présent dans les médias, l’imam est régulièrement l’objet de menaces : il a déclaré en février avoir déposé une trentaine de plaintes. Il est habituellement escorté en France par le Service de protection des hautes personnalités (SPHP), mais les policiers n’ont pas pu l’accompagner en Tunisie. Le pays ne souhaitait pas "qu’ils [y] entrent armés", explique Hassen Chalghoumi.

"Un imam [en Tunisie] m'avait prévenu que ma photo circule partout sur Facebook et m'avait dit de faire attention", a expliqué Hassen Chalghoumi, qui a annoncé son retour en France lundi.

Selon lui, Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur français, l’a appelé pour lui demander de ses nouvelles. L’imam et ses proches sont sortis de l'hôpital où ils ont été soignés dès dimanche soir.

M.K. avec AFP