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Sommet euro-afro-arabe sur la Libye samedi à Paris

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PARIS (Reuters) - La France a convié samedi à Paris les dirigeants de l'Union européenne, de la Ligue arabe et de l'Union africaine à un sommet sur...

PARIS (Reuters) - La France a convié samedi à Paris les dirigeants de l'Union européenne, de la Ligue arabe et de l'Union africaine à un sommet sur la crise libyenne.

Selon la présidence française, la réunion commencera à 13h00 (12h30 GMT) par un déjeuner de travail au palais de l'Elysée et sera suivie par une déclaration à la presse du président Nicolas Sarkozy à 15h30 (14h30 GMT).

Sont conviés le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, l'Irak, qui en assure la présidence, le président du Conseil européen Herman Van Rompuy et la haute représentante pour la politique étrangère de l'UE, Catherine Ashton.

Sont également invités "les hauts représentants de tous les Etats qui souhaitent apporter leur soutien" à la mise en oeuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, laquelle autorise la communauté internationale à recourir à la force contre Mouammar Kadhafi.

Cela devrait comprendre des représentants des pays africains mais l'Elysée attendait vendredi après-midi la confirmation de leur participation.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, qui a porté avec la France le projet de résolution, a annoncé sa présence.

Plus surprenant, la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait savoir qu'elle serait aussi présente, bien que l'Allemagne se soit abstenue lors du vote de la résolution.

La crise libyenne constitue un test pour la diplomatie européenne, qui peine à montrer son unité face à une crise pourtant proche de l'Union européenne et potentiellement lourde de conséquences pour elle.

ACCENTUER LA PRESSION SUR KADHAFI

Le ministre allemand des Affaire étrangères, Guido Westerwelle, a réitéré vendredi la détermination de Berlin à faire en sorte qu'aucun soldat allemand ne participe à une intervention militaire en Libye et à privilégier les sanctions.

La France et la Grande-Bretagne semblent au contraire déterminées à s'opposer, si nécessaire, par des frappes aériennes au siège des derniers bastions des insurgés libyens par les forces fidèles à Mouammar Kadhafi.

Des pays arabes, dont le Qatar, sont également disposés à participer à ces opérations.

Le sommet de samedi doit permettre un "travail d'explication, de partage des points de vue et de cohésion de la communauté internationale", a déclaré à Reuters le ministre français de la Coopération, Henri de Raincourt.

"Il y a tout un travail à faire vis-à-vis des pays qui ne sont pas membres du Conseil de sécurité", a-t-il ajouté.

Selon le spécialiste des questions militaires Pierre Servent, interrogé par Reuters, la résolution 1973 a deux objectifs : préserver les populations libyennes menacées par la répression de l'opposition et, "très clairement", faire en sorte que Mouammar Kadhafi "dégage".

Cet analyste estime que la communauté internationale est encore, au moins pour les prochaines heures, dans une "séquence politique et diplomatique".

"La résolution a une puissance intrinsèque : elle a fait changer la peur de camp", explique-t-il.

De fait, les autorités libyennes ont déclaré vendredi avoir décidé un "arrêt immédiat de toutes les opérations militaires".

La France a cependant accueilli avec prudence cette déclaration : Mouammar Kadhafi "commence à avoir peur mais, sur le terrain, la menace n'a pas changé", a dit un porte-parole du ministre français des Affaires étrangères.

Pierre Servent n'exclut pas le passage à une phase purement militaire dans les 24 heures, avec quelques frappes destinées à accentuer la pression psychologique sur le clan Kadhafi.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse