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RDC: attaques simultanées contre des symboles du pouvoir de Kabila

Le siège de la RTNC à Kinshasa.

Le siège de la RTNC à Kinshasa. - -

Des journalistes ont été pris en otages à Kinshasa, quarante assaillants ont été tués. La situation serait désormais sous contrôle.

Des opposants au régime du président congolais Joseph Kabila ont mené lundi des attaques inédites et simultanées à Kinshasa, où des échanges de tirs ont retenti à l'aéroport et à l'état-major général après une prise d'otages à la télévision publique, place-forte du pouvoir.

Toutes les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols nationaux et internationaux depuis l'aéroport international de Ndjili,

Des tirs ont également résonné dans la matinée à Lubumbashi, la deuxième ville du pays, où le président Kabila séjourne actuellement, sans que l'on sache précisément où se trouvait le chef de l'Etat congolais.

A Kinshasa, une source proche du pouvoir a évoqué des "attaques bien orchestrées à Kinshasa, Lubumbashi et Kindu", capitale de la province du Maniema, sans toutefois donner davantage de précisions.

La situation "sous contrôle"

Mais "la situation est sous contrôle partout", a affirmé cette source à l'AFP dans l'après-midi.

Le pouvoir qui ne fait état d'aucune victimes civiles, a indiqué que le bilan était lourd dans les rangs des assaillants à Kinshasa, qui se réclament d'un opposant à Kabila, le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, candidat malheureux à la présidentielle de 2006.

"Il y en a eu 16 qui sont tombés à l'aéroport, huit qui sont tombés à la RTNC (Radio-Télévision Nationale Congolaise) et 16 à l'état-major général. Il n'y a aucune victime civile rapportée, et aucune victime parmi les forces de sécurité", a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Un journaliste de l'AFP a dénombré 24 corps à l'aéroport Ndjili à Kinshasa, où des tirs ont résonné dans la matinée. Selon lui, les victimes étaient toutes en tenue civile et étaient âgées d'une vingtaine d'années. Des habitants se sont livrés à des mutilations sur le corps de victimes - prélevant leur sexe, vraisemblablement à des fins mystiques, a constaté le journaliste de l'AFP.

Un message du pasteur "Mukungubila"

A Kinshasa, où la majorité de la population vit dans une misère criante, vient de tourner la page sur les célébrations de Noël, la journée de lundi a commencé par une prise d'otages inédite à la RTNC, située près du Palais du Peuple, le parlement congolais.

"Ce sont des gens armés avec des machettes et des armes, ils ont pris en otage des journalistes. Une opération est en cours pour les déloger. Ils ont déjà été cernés", a déclaré à l'AFP le colonel Mwana Mputu, en charge de la communication de la police.

Plusieurs dizaines de jeunes auraient forcé l'entrée de la RTNC. Avant la coupure du signal, des images montraient les deux jeunes présentateurs de l'émission en cours, "Le Panier": ils étaient assis, effrayés mais calmes, avec derrière eux un jeune homme menaçant.

L'un des assaillants a demandé en lingala, langue la plus parlée à Kinshasa, que les journalistes lisent un message de "Mukungubila", qu'il a qualifié de "libérateur".

es attaques liées

Le pasteur Joseph Mukungubila Mutombo, qui s'est surnommé "prophète de l'Eternel", a été candidat à la présidentielle de 2006, remportée par Joseph Kabila. Les deux hommes sont originaires de la riche province minière du Katanga, poumon économique du pays.

"Autour de 11h locale (9h GMT), il y a eu des crépitements de balles" près de la résidence (à Lubumbashi) du 'prophète' Joseph Mukungubila", a ajouté Timothée Mbuya, président de l'ONG des droits de l'Homme Justicia.

Après la prise d'otages à la RTNC, des tirs ont aussi éclaté à l'aéroport international de Ndjili, dans le nord-est de la ville.

Les attaques menées à Kinshasa sont liées, selon le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende, qui accuse les assaillants d'avoir mené une "agression" visant à terroriser la population.

A. D avec AFP