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Nigeria: Boko Aram suspecté d'avoir massacré des lycéens

Des soldats patrouillent dans les rues, ici à Baga, le 30 avril dernier.

Des soldats patrouillent dans les rues, ici à Baga, le 30 avril dernier. - -

Un groupe de terroristes armés a fait irruption dans un lycée-pensionnat dans la nuit de vendredi à samedi, et a tué 42 personnes au Nigeria. Il pourrait s'agir de la secte islamiste Boko Haram.

Quarante-deux personnes, des élèves pour la plupart, ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi dans l'attaque d'un lycée du nord-est du Nigeria par des hommes armés, présentés comme des islamistes de Boko Haram, en conflit frontal avec les forces de sécurité nigérianes.

"Nous avons reçu les cadavres de 42 élèves et membres du personnel de l'établissement public de Mamudo, la nuit dernière. Certains avaient des blessures par balle et beaucoup portaient des marques de brûlures", a déclaré Haliru Aliyu, médecin de l'hôpital général de Potsikum. Mamudo est situé à quelque cinq km de Potsikum, grand centre économique de l'Etat de Yobe.

"D'après les témoignages des professeurs et des élèves qui ont survécu, les hommes armés ont rassemblé leurs victimes dans un dortoir en pleine nuit, ont jeté des explosifs et ont ouvert le feu, faisant 42 victimes", a expliqué Aliyu. Il a également indiqué que le personnel de sécurité fouillait les buissons autour de l'école, à la recherche de blessés ayant fui l'attaque. "Jusqu'ici, six étudiants ont été trouvés et sont maintenant traités à l'hôpital."

Boko Aram, une secte sanglante

Un habitant, qui a souhaité rester anonyme, a expliqué que l'attaque était imputée à la secte islamiste Boko Haram en représailles à la perte de 22 de ses membres au cours d'un raid militaire jeudi, à Dogon Kuka. L'armée nigériane mène une offensive de très grande envergure depuis le 15 mai dernier contre Boko Haram dans trois Etats du nord-est -Borno, Yobe et Adamawa-, où l'état d'urgence a été décrété.

La région se retrouve isolée du reste du pays. L'accès au nord-est du Nigeria est restreint depuis le début de l'offensive militaire. Les réseaux des téléphones portables ont été coupés dans la majeure partie de la région.

Boko Haram, dont le nom signifie "l'éducation occidentale est un pêché", a déjà mené de nombreuses attaques contre des écoles du nord-est du Nigeria par le passé. Leurs attentats et la répression menée par les forces de sécurité ont fait au moins 3.600 morts depuis le début de l'insurrection en 2009, selon l'ONG Human Rights Watch.

A. G. avec AFP