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"Aqmi n'a pas de capacité opératoire sur le sol français"

Soldats français au cours de l'opération "Serval" au Mali, début 2013.

Soldats français au cours de l'opération "Serval" au Mali, début 2013. - -

Al-Qaïda au Maghreb islamique a appelé mardi à attaquer "les intérêts français partout dans le monde". Pour plusieurs analystes, elle ne vise néanmoins pas directement le territoire français.

Que cherche Aqmi en appelant à "attaquer les intérêts français dans le monde"? C'est ce qu'a exhorté mardi un des chefs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique aux musulmans du monde entier, dans une vidéo postée sur internet. Une menace prise "au sérieux" par Paris, mais qui ne vise pas directement le territoire français, estiment plusieurs analystes.

Pour Louis Caprioli, spécialiste des réseaux islamistes en Afrique du Nord et en Europe, c'est essentiellement la représentation française à l'étranger qui est visée. Car Aqmi "n'a pas de capacité opératoire sur le sol français", note-t-il. Pour lui, le fait "de demander à la mouvance terroriste de frapper les intérêts français dans le monde" est d'ailleurs révélateur de la faible capacité de l'organisation à frapper elle-même.

Car les ressources d'Aqmi ont été affaiblies par l'action de l'armée française au Mali, cause de ce réquisitoire de vingt minutes contre la France. L'un des principaux chefs de l'organisation, Abou Zeid, a été tué lors d’une opération menée par les troupes franco-tchadiennes en mars dernier. Et François Hollande a rappelé en conférence de presse que l'armée française avait "infligé à Aqmi des pertes considérables".

Un retour des jihadistes au Mali?

Mathieu Guidère, spécialiste de l'Islam et du monde arabe, voit donc plutôt un danger dans la reprise des violences au Mali, devenu pour les terroristes le lieu-symbole du jihad. Le principal risque résidant, selon lui, en un "nouvel afflux de groupes jihadistes au Mali, qui proviendraient notamment de Tunisie, de Libye, du Maroc, jusqu'à l'ouest de l'Afrique centrale".

Avec pour conséquence "un allongement de la durée du conflit" et un risque d'embourbement "de type conflit afghan". Si l'armée française a commencé à se retirer, plus de 2.000 hommes sont néanmoins toujours mobilisés au Mali. Et François Hollande a indiqué mardi que l'opération Serval serait poursuivie "le temps nécessaire".


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M. T. avec Antoine Pollez