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Afrique

Mali: plus d'une centaine de civils tués pendant une visite du Conseil de sécurité au Sahel

Depuis 2013 l'armée française est présente au Mali.

Depuis 2013 l'armée française est présente au Mali. - Daphné BENOIT / AFP

Plus d'une centaine d'habitants d'un village peul du Mali ont été tués samedi par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons, près de la frontière avec le Burkina Faso, en pleine visite du Conseil de sécurité de l'ONU dans un Sahel en proie à la menace jihadiste.

Depuis l'apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l'agriculture, qui ont créé leurs propres "groupes d'autodéfense".

Samedi à l'aube, c'est un de ces groupes de chasseurs dogons présumés qui a semé la désolation à Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, tuant plus d'une centaine de villageois, selon des sources concordantes.

Six jours après un attentat jihadiste

Une mission composée d'un détachement de l'armée et des autorités locales est arrivée sur place dans l'après-midi, selon une source de sécurité qui a fourni un bilan d'"au moins 105 morts civils". "Ce sont les chasseurs traditionnels qui sont accusés par les rescapés", a souligné le préfet de Bankass, Boubacar Kané.

L'attaque se produit six jours après un attentat jihadiste à Dioura, dans la même région mais beaucoup plus au nord, contre un camp de l'armée malienne, qui a perdu 26 hommes, selon un dernier bilan de source militaire.

Dans un communiqué de revendication vendredi, la principale alliance jihadiste du Sahel liée à Al-Qaïda justifie l'opération de Dioura par les "crimes odieux commis par les forces du gouvernement de Bamako et les milices qui le soutiennent contre nos frères peuls".

Après avoir été reçus vendredi par le président Ibrahim Boubacar Keïta, les ambassadeurs des 15 pays siégeant au Conseil de sécurité ont rencontré samedi les signataires de l'accord de paix de 2015 puis le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, avec lequel ils ont notamment évoqué la situation dans le centre du pays, selon l'ONU.

Ivan Valerio, avec AFP