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Tentative de meurtre: le consul de France à Benghazi témoigne

Jean Dufriche, consul de France à Benghazi, en Libye, a été victime d'une tentative d'attentat jeudi.

Jean Dufriche, consul de France à Benghazi, en Libye, a été victime d'une tentative d'attentat jeudi. - -

Jeudi, le consul de France à Benghazi, en Libye, a été victime d'une tentative de meurtre, alors qu'il était avec son épouse. Il s'est réfugié à l'ambassade de France de Tunis, où François Hollande était présent.

Il témoigne vendredi soir, la voix posée, après une rencontre avec le président François Hollande à la résidence de l'ambassadeur de France à Tunis où il s'est réfugié. La veille pourtant, le consul honoraire de Benghazi, dans l'Est libyen, et son épouse étaient sous le feu d'agresseurs déterminés.

Depuis des années, le docteur Jean Dufriche est médecin au Benghazi Medical Centre. "Je revenais d'une réunion de travail vers 23 heures quant des tirs sont partis d'une voiture, blanche, je crois, sur notre pare-brise puis de côté", raconte-t-il. Il remarque un chauffeur et deux tireurs "qui ont tiré entre onze et quinze balles".

"Certaines balles ont traversé notre véhicule de part en part" d'autres sont restées fichées dans la carrosserie, poursuit-il, "parce qu'ils tiraient avec des revolvers et pas avec des kalachnikovs, sinon nous ne serions pas là". Mais aucune ne les a atteints. Se sent-il miraculé? "Un petit peu oui", répond-il dans un sourire, "la voiture est en piteux état".

Hollande dit "son admiration"

Qui sont ses agresseurs? Le médecin en est réduit à émettre des "hypothèses" : peut-être "les gens de Kadhafi" qui lui "en veulent" parce qu'il était de retour à Benghazi dès février 2011 avec la première délégation humanitaire ou bien encore "des islamistes radicaux".

Quand il l'a rencontré dans le confort douillet de la résidence de l'ambassadeur de France à Tunis, le président Hollande qui avait dit son "admiration" pour lui a surtout poussé un "ouf" de soulagement. "Ouf, vous êtes vivant", s'est-il exclamé avant d'adresser "un message de sympathie, de réconfort" à sa famille et à lui-même.

Le 11 septembre dernier, des islamistes avaient lancé une attaque contre le consulat américain à Benghazi au cours de laquelle l'ambassadeur des Etats-Unis en Libye, Chris Stevens, et trois autres Américains avaient été tués.

A. K. avec AFP