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Le chef des forces françaises en mer se méfie de Kadhafi

Un Rafale de l'armée française prend son envol à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle. La zone d'exclusion aérienne à présente établie sur la Libye, les forces de la coalition se concentrent sur les autres menaces que Mouammar Kadhafi fait peser sur sa

Un Rafale de l'armée française prend son envol à bord du porte-avions Charles-de-Gaulle. La zone d'exclusion aérienne à présente établie sur la Libye, les forces de la coalition se concentrent sur les autres menaces que Mouammar Kadhafi fait peser sur sa - -

par Elizabeth Pineau A BORD DU PORTE-AVIONS CHARLES-DE GAULLE (Reuters) - La zone d'exclusion aérienne en Libye à présent établie, les forces de la...

par Elizabeth Pineau

A BORD DU PORTE-AVIONS CHARLES-DE GAULLE (Reuters) - La zone d'exclusion aérienne en Libye à présent établie, les forces de la coalition se concentrent sur les autres menaces que le colonel Mouammar Kadhafi fait peser sur sa population, déclare samedi le commandant du volet français de l'opération.

Une semaine après le début de l'opération "Harmattan", l'amiral Philippe Coindreau, commandant de la Task force 473 - comprenant l'ensemble du groupe aéronaval, porte-avions Charles-de-Gaulle compris -, n'hésite pas à parler de "succès total".

Mais, quand quelques journalistes réunis dans son petit bureau de bois clair situé au niveau du pont 01 lui demandent s'il faut encore craindre le colonel Kadhafi, l'officier reste prudent.

"On connaît Kadhafi depuis longtemps, on sait ce qu'il est capable de faire. Je vous laisse juger", dit-il.

Dans deux heures, une nouvelle escadrille d'avions de chasse partira du pont d'envol du Charles-de-Gaulle pour une mission en Libye, comme elle le fait chaque jour depuis samedi dernier.

Du point de vue de l'amiral français, c'est, jusqu'ici, un sans-faute. "Etant donné le temps qui nous sépare aujourd'hui du déclenchement de notre mise en alerte et le niveau opérationnel auquel nous sommes, je réponds 'oui, c'est un succès total'", dit-il.

La zone d'exclusion aérienne a été rapidement établie en Libye, en vertu de la résolution 1973 des Nations unies sur la protection des populations civiles menacées par Mouammar Kadhafi. Les opérations se concentrent désormais sur d'autres aspects de la mission.

"L'autre volet est de s'assurer que les moyens militaires et terrestres de Kadhafi ne menacent pas les populations civiles, c'est le volet-là qui est actuellement assuré par la coalition, explique l'amiral. On regarde tout ce qui est susceptible de faire des dégâts sur la population". Un travail minutieux, qui passe par le renseignement.

ACTIVITÉS NAVALES

"C'est un effort constant, c'est une difficulté car ça mobilise beaucoup de moyens. Mais il faut qu'on puisse rendre compte des risques que les forces de Kadhafi font peser sur la population, et ça en continu", souligne l'officier.

Les navires du leader libyen sont particulièrement observés, d'autant qu'ils ne sont pas pris pour cible la coalition.

"C'est une des raisons pour lesquelles on surveille particulièrement les activités navales de Kadhafi", dit Philippe Coindreau.

Du point de vue français, les forces navales de Kadhafi, qui ne sont pas détruites, n'interviennent plus à Benghazi et sont cantonnées aux abords de Tripoli et de Misrata, dans l'Ouest.

"Il n'y a pas d'action militaire de destruction de ces forces. En revanche il y a eu destruction par la coalition de certaines batteries côtières de Kadhafi", dit l'amiral.

Les questions de commandement intégré, qui agitent les diplomates, ne semblent pas perturber l'officier, qui prend chaque jour ses ordres à Ramstein, en Allemagne, centre de commandement des opérations africaines de l'Otan.

"J'ai l'assurance que ces missions sont approuvées par la France et que, pour la partie aérienne, les aéronefs qui partent du Charles-de-Gaulle peuvent mener leurs missions sans risques pour la coalition, qu'il n'y a pas de risque fratricide", explique-t-il.

Le Charles-de-Gaulle, seul porte-avions au sens strict du terme présent dans la zone d'opérations située entre Malte, Crète et la Libye, est prêt pour une mission longue.

"Les militaires s'inscrivent dans la durée, moi je sais que sur le Charles-de-Gaulle, je suis capable de durer encore longtemps", dit-il.

Edité par Gérard Bon