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L'ex-président tchadien reconnu coupable de crimes contre l'humanité

Des soldats tchadiens lors d'une opération près du lac Tchad (février 2015, illustration)

Des soldats tchadiens lors d'une opération près du lac Tchad (février 2015, illustration) - Philippe Desmazes-AFP

L'ex-président tchadien Hissène Habré, reconnu coupable de crimes contre l'humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement, a été condamné ce lundi à la prison à perpétuité par le tribunal spécial africain qui le juge à Dakar. "Hissène Habré, la Chambre vous condamne à la peine d'emprisonnement à perpétuité", a déclaré le président de la Cour, soulignant qu'il disposait de quinze jours pour faire appel de cette décision.

Le procès s'est ouvert le 20 juillet dernier, en présence d'Hissène Habré, amené de force devant le tribunal, qu'il a récusé et devant lequel il a refusé de s'exprimer ou de se défendre.

Réfugié au Sénégal en 1990

Une commission d'enquête tchadienne a estimé le bilan de la répression sous Hissène Habré à quelque 40.000 morts. Ce procès vise également à répondre aux griefs croissants contre la Cour pénale internationale, siégeant à La Haye, accusée de ne poursuivre que des dirigeants africains, en montrant que le continent peut les juger lui-même.

Un peu plus tôt, le tribunal l'a reconnu coupable de viols. Le président de la cour "a été convaincu" par le témoignage de Khadija Hassan Zidane qui avait affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré. Le verdict a fait état de "rapports sexuels non consentis à trois reprises et un rapport buccal non consenti".

Ce procès inédit est censé servir d'exemple en Afrique, un quart de siècle après la chute de l'ex-président tchadien. Poursuivi pour "crimes de guerre, crimes contre l'humanité et crimes de torture", Hissène Habré a dirigé le Tchad pendant huit ans, entre 1982 et 1990, avant d'être renversé par un de ses anciens collaborateurs, l'actuel président Idriss Déby Itno, et de se réfugier au Sénégal en décembre 1990.

C.H.A. avec AFP