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L'armée française, mobilisée, attend les ordres sur la Libye

L?OTAN AUTOUR DE LA LIBYE

L?OTAN AUTOUR DE LA LIBYE - -

PARIS (Reuters) - En attendant les ordres donnés en plus haut lieu, l'armée française se déclarait vendredi fin prête à une éventuelle intervention...

PARIS (Reuters) - En attendant les ordres donnés en plus haut lieu, l'armée française se déclarait vendredi fin prête à une éventuelle intervention en Libye, située à moins de deux heures de vol et un jour et demi de mer de son territoire.

Plusieurs pays, dont la France, ont lancé le compte à rebours d'une intervention militaire en Libye après le feu vert délivré la nuit dernière par l'Onu et malgré l'annonce d'un cessez-le-feu par le régime de Mouammar Kadhafi.

Actuellement basé à Toulon, le porte-avions français Charles-de-Gaulle se tient prêt, de même que le groupe aéronaval - un sous-marin, une demi-douzaine de bateaux et une quinzaine d'avions de chasse - appelé à l'accompagner s'il devait prendre la mer.

Situé à un jour et demi de mer des côtes libyennes, le port varois accueille environ les deux-tiers de la force d'action navale de l'armée française à quai.

"Comme tous les bateaux qui sont à Toulon, le Charles-de-Gaulle est prêt à partir s'il en reçoit l'ordre", a déclaré un porte-parole de la Marine nationale.

En temps normal, il faut compter 72 heures entre le moment où le porte-avions reçoit l'ordre de partir et l'appareillage.

"Nous sommes dans une phase de montée en puissance", a déclaré une source militaire, selon laquelle le Charles-de-Gaulle pourrait être prêt à quitter Toulon dès dimanche soir.

RAFALE ET SUPER ÉTENDARD

Dans une configuration standard, le groupe aéronaval comprend, outre le porte-avions, une frégate anti sous-marine, une frégate de défense aérienne, une frégate d'accompagnement, un pétrolier ravitailleur et un sous-marin d'attaque.

Lors de sa dernière mission, Agapanthe (déploiement de quatre mois dans l'océan Indien et la mer Rouge), le fleuron de la Marine française, sur lequel sont embarqués environ 2.000 militaires, avait à son bord une quinzaine d'aéronefs parmi lesquels des Rafale, des Super Etendard et des Hawkeye.

En cas d'intervention aérienne en Libye, les avions peuvent décoller de France, a précisé un porte-parole de l'armée de l'Air. "A raison de 900 km/h, on serait à moins de deux heures".

De Cambrai à Saint-Dizier en passant par Creil, Luxeuil, Dijon et Nancy, toutes les bases aériennes du pays sont mobilisables.

"Si l'ordre est donné, il s'agirait d'un raid, c'est-à-dire un ensemble d'avions comprenant des ravitailleurs, dont la présence est préférable au-delà de deux heures de vol", a expliqué le porte-parole. "ll n'y a pas de raid classique, chaque objectif est unique".

Le spécialiste des questions militaires Pierre Servent, jugeait possible vendredi une phase purement militaire dans les 24 heures, avec quelques frappes destinées à accentuer la pression psychologique sur le clan Kadhafi.

A ses yeux, la résolution 1973 votée la nuit dernière par le conseil de sécurité de l'Onu a deux objectifs : préserver les populations libyennes menacées par la répression de l'opposition et, "très clairement" faire en sorte que Mouammar Kadhafi "dégage".

Elizabeth Pineau, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse