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Centrafrique: la population "n'est plus menacée" à Bangui

A Bangui, l'armée française tente d'empêcher les pillages.

A Bangui, l'armée française tente d'empêcher les pillages. - -

Selon l'armée française, qui a entamé lundi le désarmement des milices, la population de Bangui ne serait "plus menacée".

Comme annoncé par le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, l'opération de désarmement des milices et des groupes armés a bien commencé lundi à Bangui, dans une capitale centrafricaine traumatisée par les récents massacres. Si des scènes de pillage ont encore lieu un peu partout, l'état-major des armées a assuré cependant que "la population n'était plus menacée".

"Il n'y a plus de groupes armés qui patrouillent dans la ville", a déclaré le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron : "Très rapidement, nous nous sommes rendus compte que ces groupes avaient quitté leurs positions dans leur très grande majorité".

Scènes de pillage

Les miliciens, notamment des ex-rebelles de la Séléka, se sont regroupés au camp Béal, dans le centre de Bangui, qui leur avait été assigné par les forces françaises. Selon l'état-major, "tous ceux" qui étaient encore dans les rues ont été désarmés, l'opération ayant été conduite "en coopération" avec la Misca, la force africaine en RCA.

"Il n'y a pas eu de combats dans Bangui. A aucun moment les groupuscules n'ont cherché à engager le combat contre nous",selon le colonel Jaron. Les soldats français ont toutefois dû riposter brièvement à "des tirs fugaces" qui ont aussitôt cessé, a-t-il poursuivi.

Selon le porte-parole des "accès de violence", notamment de pillages, se sont en revanche produits dans l'après-midi, auxquels les militaires se sont opposés quand ils étaient à proximité.

Les combattants de l'ex-Séléka visés

L'opération de désarmement vise expressément les combattants de l'ex-Séléka, coupables de nombreuses exactions ces derniers mois.

Haïs des habitants, qui les voient le plus souvent comme des "occupants" venus du Tchad et du Soudan voisins, les ex-Séléka, majoritairement musulmans, étaient les seuls à déambuler en armes dans Bangui, face aux milices d'autodéfense villageoises "anti-balaka" (anti-machettes), présentes en brousse ou infiltrées dans les quartiers.

Des soldats congolais, tchadiens et guinéens de la force africaine, la Misca, participent de façon autonome à ces opérations de désarmement dans Bangui, toujours selon l'état-major français.

Lundi, quelques minutes avant le couvre-feu, des soldats français étaient en position dans plusieurs points-clés de la capitale.

M.G. avec AFP et F-X Ménage et Florian Brunet (reportage)