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Centrafrique: l'armée française fait plusieurs morts en tirant sur un pick-up

Des soldats patrouillent dans Bangui, le 5 décembre.

Des soldats patrouillent dans Bangui, le 5 décembre. - -

Le porte-parole de l'état-major des armées a indiqué, ce vendredi, que des soldats français ont ouvert le feu sur un pick-up dont les occupants tiraient sur des civils, à Bangui, dans le cadre de l'intervention française en Centrafrique lancée jeudi.

Les soldats français ont ouvert le feu jeudi matin sur un pick-up armé dont les occupants tiraient sur des civils près de l'aéroport de Bangui, la capitale centrafricaine, a indiqué vendredi à Paris l'état-major des armées. Plusieurs personnes qui se trouvaient à bord ont été tuées.

Jeudi "à l'aube, un pick-up armé a ouvert le feu à trois reprises en direction de ces civils et des troupes françaises. A la troisième ouverture du feu, on a riposté et on a détruit le véhicule", a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron.

Pas de blessé parmi les civils et les soldats français

Selon la même source, ce type de pick-up, équipé d'une mitrailleuse à l'arrière, compte habituellement quatre à cinq occupants. L'incident n'a fait "aucun blessé" parmi les civils et les soldats français, a précisé le porte-parole.

Après les premiers accrochages entre bandes armées, jeudi vers 3 heures du matin, des civils centrafricains se sont rapprochés par centaines de l'aéroport pour bénéficier de la protection des troupes françaises qui y sont déployées. Selon le porte-parole, ils étaient environ 2.000 dans la journée de jeudi.

Le président François Hollande a annoncé jeudi soir une action militaire immédiate de la France en Centrafrique, après le vote du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à une force africaine pour rétablir la stabilité dans le pays avec le soutien des forces françaises.

Au moment de l'incident de jeudi matin, 650 soldats français étaient déployés à Bangui, dont environ 400 à l'aéroport.

92 morts et plus de 150 blessés dans un hôpital de Bangui

L'ONG Médecins Sans Frontières, présente à Bangui, a par ailleurs indiqué, ce vendredi, que 92 morts et 155 blessés, par arme blanche ou par balle, ont été enregistrés dans un hôpital de la capitale depuis le début d'une vague de tueries jeudi.

"Hôpital communautaire: 155 blessés en deux jours, 92 morts à la morgue", indique ainsi un bref message de la mission de MSF sur place, transmis à l'AFP. MSF, qui a une antenne médicale et chirurgicale dans cet établissement, ne pouvait préciser si les corps déposés vendredi matin à la morgue étaient des victimes tuées dans la nuit, ou ceux de cadavres abandonnés dans les rues jeudi après les massacres.

Des tirs sporadiques d'armes automatiques ont été entendus dans la nuit de jeudi à vendredi dans plusieurs quartier.

A.S. avec AFP