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Centrafrique: Des juges français vont enquêter sur les accusations de viol contre des militaires français

Les militaires de l'opération Sangaris sont mis en cause dans une note de l'ONU de 2014.

Les militaires de l'opération Sangaris sont mis en cause dans une note de l'ONU de 2014. - Marco Longari - AFP

Alors que les accusations ont été révélées la semaine dernière par la presse britannique, l'ONU et le ministère de la Défense nient avoir voulu étouffer l'affaire. Une enquête préliminaire a été ouverte en juillet 2014, mais ni les militaires, ni les enfants n'ont pour l'instant été entendus.

L'enquête française sur les accusations de viols d'enfants portées contre des soldats français en Centrafrique va être confiée à des juges d'instruction, a annoncé jeudi dans un communiqué le procureur de la République de Paris.

Quatorze militaires français ont été mis en cause, dont trois identifiés, par les témoignages de six enfants de neuf à 13 ans recueillis dans une note de l'ONU en 2014.

L'information judiciaire est ouverte "contre personne non dénommée des chefs de viols sur mineurs de quinze ans par personnes abusant de l'autorité conférée par leurs fonctions et complicité de ce crime", précise le procureur François Molins dans le communiqué.

Une première enquête préliminaire depuis juillet 2014

Après avoir été saisi par le ministère de la Défense, le parquet avait ouvert une première enquête préliminaire fin juillet 2014. Aucun enfant ni militaire mis en cause n'a été entendu dans le cadre de cette enquête.

Dans son communiqué, le parquet explique qu'il a d'abord voulu entendre la fonctionnaire de l'ONU rédactrice du rapport, mais que la demande de levée d'immunité nécessaire à cette audition a été refusée par les Nations unies. L'employée a finalement répondu par écrit et cette réponse est arrivée le 29 avril, selon le parquet.

Le rapport de l'ONU fait état des témoignages de six enfants, âgés de 9 à 13 ans, qui dénoncent des abus sexuels commis par des militaires français de l'opération Sangaris, dans le camp de l'aéroport M'Poko à Bangui, entre fin 2013 et mai-juin 2014.

La plupart des soldats impliqués ont quitté la Centrafrique

L'affaire a été révélée par le quotidien britannique The Guardian la semaine dernière. L'ONU et le ministère de la Défense se sont défendus d'avoir voulu étouffer le dossier.

"Si quelqu'un a sali le drapeau, parce que c'est de cela qu'il s'agit, il faut qu'il le dise dès à présent, car cela revient à trahir ses camarades, l'image de la France et la mission des armées", a déclaré dimanche dans Le JDD le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Le ministre a évoqué une "enquête complexe", en soulignant que "depuis les faits allégués, la plupart des soldats ont quitté ce théâtre d'opérations".

la rédaction avec AFP